SOS Racisme attaque un rappeur pour racisme

12 Publié le 04/09/2012 par La Rédaction
Un rappeur français Alpha 5.20 au Tribunal correctionnel de la Seine suite à une plainte de l'association SOS Racisme. En effet, cette dernière annonce poursuivre l'artiste pour, entre autre, « Provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale ».

Un rappeur français Alpha 5.20 au Tribunal correctionnel de la Seine suite à une plainte de l’association SOS Racisme. En effet, cette dernière annonce poursuivre l’artiste pour, entre autre, « Provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale ».

Ce mardi 4 septembre  le rappeur français Alpha 5.20 était convoqué au Tribunal correctionnel de la Seine suite à une plainte de l’association SOS Racisme. En effet, cette dernière a , dans un récent communiqué, annoncé poursuivre l’artiste pour, entre autre, « Provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale ».

 C’est à l’occasion de la mise en vente d’un album de compilation de musique rap que la procédure fut engagée. Le morceau attaqué : « Où est ton cœur négro », du rappeur français Alpha 5.20 – aussi appelé  Ousmane Badara, de son vrai nom Jean Julien Boichieuzé – déjà paru sur l’album « Scarface d’Afrique » en 2010. En effet, le vocabulaire utilisé par le rappeur est plus que limité : le mot « négro » y est prononcé plus de vingt fois et les tournures de phrases sont assez douteuses comme « Moi je tire à tout va, mes ennemis à l’affût ; Prends les négros immobiles juste comme des statues » où le rappeur semble évoquer un éventuel meurtre à l’arme à feu sur des hommes, manifestement de physionomie africaine. Pire encore, le chanteur décrit un rituel de type vaudou, incluant notamment des connotations religieuses et mystiques, probablement lié une consommation de stupéfiants : « Les anges pleurent puis après les larmes tombent du ciel ; Touchent la Terre mais après ça, prennent une forme humaine ». Les pouvoirs publics laissent entendre qu’ils pourraient prochainement attaquer le rappeur sur ces paroles.

 L’avocat du membre des Ghetto Fabulous Gang a annoncé ce soir, après l’entretien préliminaire avec le juge, qu’il allait baser sa défense sur le fait que son client est lui-même d’origine africaine et qu’il ne peut, dans ce cas, être jugé coupable de provocation à la haine ou à la violence raciale. Ce après quoi l’avocat de SOS Racisme s’est interrogé, visiblement scandalisé : « Mon confrère veut-il là entendre que seuls les Blancs peuvent être racistes ? C’est raciste ! ».

L’affaire n’est d’ailleurs pas sans précédent puisque les membres du Ghetto Fabulous Gang ont déjà été critiqués par l’association en 2011 pour «faire l’apologie et la banalisation des stéréotypes sur les banlieues françaises, notamment en vouant un culte au crime et aux violences », et que cela commençait par le choix du nom du groupe. En français, cela pourrait se traduire par « La fabuleuse bande de criminels organisés de la banlieue ». Un nom sans doute moins choquant, mais qui souligne bien la volonté pour ces rappeurs d’adorer le crime et de vénérer la violence… tout en étant écoutés par des milliers d’adolescents exaltés. « Cette industrie est une véritable fabrique de criminels qui gangrène notre commune » avait tweeté, à l’époque, le maire d’une banlieue parisienne.

En tout état de cause, ce genre d’affaires a toujours remis en question la définition constitutionnelle de la liberté d’expression. La date du procès n’est pas encore fixée, mais les débats s’annoncent houleux, d’autant plus que le prévenu est décrit comme impulsif et plutôt expressif. Le rappeur encourt 45000€ d’amende et un an d’emprisonnement.

Johnny Boul pour le Gorafi —

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