Les sherpas porteurs de cartables arrivent en France

50 Publié le 20/09/2012 par La Rédaction

Les premiers porteurs tibétains ont débarqué sur Paris. Alors que les cartables des élèves français semblent de plus en plus lourds, certains sherpas y voient la possibilité d’un marché.

Vous avez pu en apercevoir quelques uns dans les quartiers les plus huppés de la capitale. Les premiers porteurs tibétains ont débarqué sur Paris. Ils ont délaissé les cimes de l’Himalaya pour les rues du XVIe ou du Ve arrondissement. Alors que les cartables des petits élèves français semblent de plus en plus lourds, certains sherpas y voient la possibilité d’un marché et franchissent le pas en s’installant en France. Tendance.

Service de luxe

Dorje a 35 ans et vient du Népal. 13 Everest à son actif et des mollets à toute épreuve. Depuis deux semaines il vit et travaille à Paris. Employé à temps plein par une famille dont Rémy, le fils cadet, est scolarisé au lycée Henri IV, il revient sur ce changement de vie : « C’est vrai qu’il fait moins froid qu’au Népal ou qu’au Tibet et que le trajet fait moins mal aux genoux mais l’effort n’est pas le même. Il est moins intense mais je dois quand même porter le cartable de Monsieur Rémy de 8h à 17h30 non-stop. Même pendant la récréation. »

Côté parents d’élèves, certaines voix commencent à se faire entendre. On crie à la fin de l’école républicaine. Jean-Jacques Hazan, le président de la FCPE s’indigne déjà de cette nouvelle mode de luxe : « C’est scandaleux ! C’est tout simplement permettre que les inégalités sociales se perpétuent. Que peut penser un élève tout à fait normal avec un cartable de 10-12 kilos lorsqu’il voit arriver un camarade de classe avec un sherpa portant le sac de son copain ? Hein ? »

L’Education Nationale saisie

Vincent Peillon, à la tête du ministère concerné, assure que le dossier est étudié par ses collaborateurs. En interne on avance même plusieurs pistes : « On va essayer de sensibiliser les enfants qui peuvent s’offrir ce genre de services aux valeurs républicaines de l’école. Si le message ne passe pas, alors on commencera peut-être à songer à un service de portage moins coûteux pour les familles les plus modestes ».

Le Gorafi

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