Discrimination au travail: Trop gentils au travail, ils terminent au Pôle Emploi

28 Publié le 17/10/2012 par La Rédaction

Le monde du travail est une jungle. L’entreprise n’est pas la terre promise des enfants de chœur. Les personnes particulièrement gentilles seraient d’ailleurs les victimes d’une discrimination sévère.

Nouveau  volet de notre enquête sur les discriminations dans le monde du travail, aujourd’hui les personnes trop serviables dans leur travail vivent un véritable calvaire.

Le monde du travail est une jungle. C’est en substance ce que semblent penser salariés et patrons. Certes, les uns le subissent. Les autres le gèrent. Mais tous semblent s’accorder sur ce même constat. Et les témoignages commencent à s’accumuler : l’entreprise n’est  pas la terre promise des enfants de chœur. Les personnes particulièrement gentilles seraient d’ailleurs les victimes d’une discrimination sévère.

Incompatibles avec certains métiers

Gilles Roucaute est avocat spécialisé en droit du travail. Son cabinet parisien déborde d’affaires de discrimination de ce genre, les « délits de gentillesse » comme il les appelle : « Je rencontre de plus en plus de personnes qui me racontent leurs déboires professionnels. Les gentils subissent une véritable discrimination à l’embauche, et ce dans de nombreux secteurs. Inutile de vous préciser que tous les métiers de la finance et de l’assurance leur sont totalement fermés. Ils se confrontent aussi à d’autres rejets dans la fonction publique. C’est étrangement le cas pour les professions de contrôleur SNCF, de CRS ou de contractuelle. »

Une fois un emploi trouvé, le chemin de croix continue pour les gentils. La plupart d’entre eux se retrouvent souvent isolés par rapport à leurs collègues. Leur générosité reste souvent incomprise et les différents services qu’ils peuvent rendre sont souvent interprétés comme de la provocation. C’est par exemple le cas au Club Med où ils peinent à s’intégrer comme l’explique Henri Giscard d’Estaing, PDG du groupe : « Même au Club on a du mal à les recruter comme G.O (« Gentil Organisateur »). Ils restent encore trop sympas pour le poste. Alors on essaie de les former en interne pour leur inculquer une certaine forme d’agressivité. Mais souvent c’est l’impasse. »

L’Etat comme solution

Depuis des années, les gentils sont condamnés à se rabattre sur des emplois marginaux : infirmière, marchand d’ours en peluche, Abbé Pierre etc… Face à cette vague de « délits de gentillesse », l’Etat pourrait bien décider d’agir. Michel Sapin, l’actuel ministre du Travail, s’est exprimé hier pour la première fois sur ce problème. Selon lui, le gouvernement étudie en ce moment même la possibilité d’une création massive d’emplois à destination des gentils. A la clé, plusieurs dizaines de milliers de postes de bénévoles qui permettraient aux français d’origine bienveillante d’exercer une activité quasi-professionnelle.

Le Gorafi

Demain dernier volet de notre grande enquête sur les discriminations au travail: « les comateux longue durée peinent à trouver à un emploi stable »

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