Discrimination au travail : les comateux longue durée peinent à trouver un emploi stable

20 Publié le 18/10/2012 par La Rédaction

Dernier chapitre de notre enquête sur les discriminations dans le monde du travail avec le cas très épineux des comas longue durée. Selon les statistiques, chaque année en France, ce sont plusieurs centaines de personnes dans le coma qui sont victimes de discriminations. Malgré les efforts des gouvernements successifs, cette question n’a à ce jour jamais été réglée totalement.

Dernier chapitre de notre enquête sur les discriminations dans le monde du travail avec le cas très épineux des comas longue durée. Selon les statistiques, chaque année en France, ce sont plusieurs centaines de personnes dans le coma qui sont victimes de discriminations. Malgré les efforts des gouvernements successifs, cette question n’a à ce jour jamais été réglée totalement.

Un rejet profond.

Plongé dans le coma depuis dix mois suite à un grave accident de la route, Samuel, 27 ans n’a toujours pas retrouvé de travail. La plupart de ses contrats n’ont jamais été prolongés. « Mon mari fait tout ce qu’il peut, mais il y a un rejet profond dans ce pays contre les gens différents » explique sa femme. Selon elle, son mari a pourtant suivi de nombreuses formations mais « aucune n’a porté ses fruits et les employeurs rejettent la faute sur les problèmes médicaux liés à sa situation » continue-t-elle.

Du côté des employeurs, le ton est différent. « Chaque année, les entreprises font de nombreux efforts pour permettre à chacun d’avoir une chance dans le monde du travail. Bien sûr tout n’est pas parfait et il y a des gens pour qui hélas, médicalement, c’est très dur » selon un cadre du MEDEF. Si chaque entreprise doit respecter un quota à l’embauche de personnes handicapées, rien n’indique cependant une obligation concernant les personnes dans le coma.

Si des embauches ont eu lieu, très peu ont porté leur fruit. « J’avais embauché une de ces personnes il y a quelques mois comme magasinier. Ce fut un échec, la personne en question ne s’est même pas présentée au travail » commente un employeur sous le sceau de l’anonymat. « Même si la loi nous l’imposait, je ne pense pas qu’il s’agirait d’une bonne idée. » dit un autre. L’association, qui tente d’aider les comateux longue durée à retrouver du travail, regrette, elle, le manque d’aide de la part de l’État.

« Il nous faudrait plus de moyens et des structures, nous ne pouvons pas accepter de laisser ces gens sur le bord du chemin » déclare son secrétaire. Et de citer l’exemple de Michel C, dans le coma depuis plus de dix ans et qui est devenu responsable qualité auprès d’un constructeur automobile. Un modèle d’intégration réussie. « Michel est quelqu’un d’agréable à vivre. Bien sûr il ne parle pas beaucoup, du fait de son état, mais on sent qu’il est avec nous, il y a une présence, ça motive l’équipe » explique un syndicaliste.

Un exemple, hélas isolé, qui devrait peut-être donner des idées à d’autres employeurs et permettre ainsi à plusieurs centaines de personnes de retrouver un travail dans un contexte marqué par la crise. Il ne faut pas oublier qu’au-delà de leur situation médicale, ces gens là sont prêts à aider au redressement productif de leur pays.

Le Gorafi

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