Archives: le vrai récit du voyage de Nicolas Sarkozy à Berlin

18 Publié le 09/11/2012 par La Rédaction

Souvenez vous. Il y a trois ans, le Président Nicolas Sarkozy postait sur Facebook ses souvenirs de la chute du mur de Berlin. Critiqué pour avoir enjolivé la vérité, nous nous sommes procurés la version d’origine du texte publié qui montre que Nicolas Sarkozy n’a rien inventé et du même pratiquer l’auto censure.

Souvenez-vous. Il y a trois ans, le Président Nicolas Sarkozy postait sur Facebook ses souvenirs de la chute du mur de Berlin. Critiqué pour avoir enjolivé la vérité, nous nous sommes procurés la version d’origine du texte publié qui montre que Nicolas Sarkozy n’a rien inventé et dut même pratiquer l’auto-censure.

« Nous décidons de quitter Paris avec Alain Juppé … pour participer à l’événement »

Souvenirs de la chute du Mur de Berlin, le 9 novembre 1989. J’étais alors secrétaire général adjoint du RPR. Le 9 novembre au matin, nous nous intéressons aux informations qui arrivent de Berlin et qui semblent annoncer du changement dans la capitale divisée de l’Allemagne. Nous décidons de quitter Paris avec Alain Juppé …pour participer à l’événement qui se profile. Arrivés à Berlin-Ouest, bien avant l’ouverture de la frontière, nous aidons un groupe d’allemands de l’Est à s’échapper de Berlin Est. Ce seront les derniers évadés. Nous nous enfuyons sous le feu nourri des mitrailleuses des gardes, plusieurs grenades sont lancées, Alain Juppé les renvoie de justesse.

Soudain un tank russe tente de nous barrer le passage. N’écoutant que mon courage et me rappelant une scène de « Indiana Jones et la dernière croisade » je m’empare d’un petit caillou et le plonge dans le canon de la tourelle. Le tir de l’obus détruit le tank, le feu se propage à un baraquement d’une prison de la STASI, qui permet l’évasion de plusieurs centaines de prisonniers politiques.

Nous filons vers la conférence du SED et après avoir franchi plusieurs barrages nous rencontrons  Gerhard Lauter, Günter Schabowski et Harald Jäger. Nous leur avons dit «Ecoutez ça suffit ce mur maintenant. C’est quand même pas croyable, on est 1989, quand même ». Les trois hommes ont semble-t-il compris le message et la conférence de presse qui en découle scelle la fin de la RDA.

« Au volant d’un minibus camouflé avec double fond  François Fillon vient de faire sortir en douce de la RDA 10 jeunes enfants orphelins »

Nous marchons vers la porte de Brandebourg où une foule enthousiaste s’est déjà amassée à l’annonce de l’ouverture probable du mur. Là, par le plus grand des hasards, nous croisons un jeune élu français que nous connaissions, à l’époque spécialiste des questions de défense : François Fillon. Au volant d’un minibus camouflé avec double fond il vient de faire sortir en douce de la RDA 10 jeunes enfants orphelins. Nous filons ensuite vers Check Point Charlie pour passer du côté ouest de la ville, et enfin confronter ce mur dans lequel nous avons pu donner quelques coups de pioches.

Les soldats au début sont dubitatifs et nous essuyons quelques coups de feu mais François Fillon monte dans un véhicule blindé de la police et arrose le poste frontière avec un canon à eau, tandis que moi-même je soulève la barrière de la frontière pour laisser passer le flot d’Allemands de l’Est. Autour de nous, des familles se rassemblent pour abattre le béton. Alain Juppé a d’ailleurs conduit le tractopelle qui a créé la première grande brèche dans le mur. Certaines viennent nous parler pour nous expliquer leurs sentiments, leurs ambitions nouvelles, et partager leurs émotions après des décennies de séparation.

La nuit s’est poursuivie dans l’enthousiasme général : on m’a proposé la place de chancelier de l’Allemagne réunifiée mais j’ai refusé. Un destin plus grand encore m’attendait. Les retrouvailles du peuple allemand sonnaient la fin de la guerre froide et le début d’une période de grande liberté en Europe ».

La Rédaction

Note: article originellement posté par un membre de la rédaction en novembre 2009 sur un autre site internet.

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