« Sentez ma puissance ! » par Alain Juppé, ancien Premier ministre, maire de Bordeaux

13 Publié le 23/11/2012 par La Rédaction
By R. D. Ward - www.defense.gov, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20685046

M. Alain Juppé revient sur sa décision d’accepter, à la demande des deux candidats à la présidence de l’UMP, d’assurer une transition pacifique à la tête du parti.

Il aura fallu en arriver jusque là finalement…Il aura fallu un score serré dimanche, deux égos sur-dimensionnés, des militants acharnés. Il aura fallu des coups bas, des révélations de fraudes massives. Il aura fallu de la haine…Il aura fallu tout ça pour qu’enfin je devienne l’homme providentiel du principal parti d’opposition aujourd’hui. Ce fut long mais j’y suis arrivé en fin de compte.

Jean-François Copé et François Fillon, dans leur lutte fratricide, ont su reconnaître ma sagesse, ma lucidité et quelque part ma supériorité. J’ai depuis hier après-midi leur sort entre les mains et pour être honnête ce sentiment là n’est pas des plus désagréables. Désormais à la tête de l’UMP je me sens à ma juste place, celle d’une autorité calme et puissante.

Je m’adresse désormais aux deux candidats qui ont déclenché cette guerre fratricide sans précédent au sein de notre parti. Par vos égoïsmes respectifs et vos obscures ambitions vous avez plongé l’UMP dans les bas-fonds de la politique. Vous avez en l’espace de 4 jours montré le visage le plus pathétique de la politique et semé la discorde chez nos camarades pour les années à venir. Et quand je songe à tout ça un seul mot me vient à l’esprit : Merci.

Merci car par votre guerre vous avez permis au vieil homme politique que je suis de ressentir, probablement pour la dernière fois de sa carrière politique, un véritable sentiment de toute puissance. J’ai depuis hier l’impression de vous voir danser dans le creux de ma paume et cette sensation me réjouit au plus haut point.

Je n’ai pas encore choisi lequel d’entre vous j’épargnerai du haut de ma superbe d’ici une quinzaine de jours. Sachez seulement une chose : votre avenir politique, qui se résume dans vos humbles esprits à 2017, ne dépend que de ma simple volonté. La mascarade du recomptage des voix n’étant, nous le savons tous les trois, qu’une immense supercherie destinée à donner l’illusion de démocratie à nos militants de base. Je vous conseille donc, pendant les deux semaines qui viennent, de vous soumettre à ma suprême autorité. Sentez ma puissance !

Vive la République, Vive la France!

 Alain Juppé, ancien Premier Ministre, maire de Bordeaux

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