Sciences : avoir une collection VHS de films Disney n’est pas “swag”

5 Publié le 30/11/2012 par La Rédaction

La science a parlé. Posséder chez soi les cassettes des dessins animés de Walt Disney n’est pas « sawg ». Pour ceux qui ignoreraient encore ce que « sawg » veut dire, comprenez « cool ». Depuis fin 2010, le CNRS a mené une étude d’une ampleur exceptionnelle à la croisée des sciences dites dures (physique, biologie etc.) et d’autres disciplines issues des sciences humaines comme l’anthropologie ou la psychologie. Plus d’une centaine de chercheurs se sont impliqués dans cette recherche qui visait à savoir si oui ou non posséder à son domicile des VHS de Peter Pan, Pocahontas et autres Roi lion pouvait être considéré comme « swag ». Et ce matin, leur verdict est tombé lors d’une conférence de presse organisée au CNRS.

La science a parlé. Posséder chez soi les cassettes des dessins animés de Walt Disney n’est pas « swag ». Pour ceux qui ignoreraient encore ce que « swag » veut dire, comprenez « cool ». Depuis fin 2010, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a mené une étude d’une ampleur exceptionnelle à la croisée des sciences dites dures (physique, mathématiques etc.) et d’autres disciplines issues des sciences humaines comme l’anthropologie ou la psychologie. Plus d’une centaine de chercheurs se sont impliqués dans cette recherche qui visait à savoir si oui ou non posséder à son domicile des VHS de Peter Pan, Pocahontas et autres Roi lion pouvait être considéré comme « swag ». Et ce matin, leur verdict est tombé lors d’une conférence de presse organisée au CNRS.

Une étude pluridisciplinaire

Il est 9 h 30 au siège du CNRS dans le XVIe arrondissement de Paris. Une nuée de journalistes et de photographes se rue sur Alain Fuchs, président du CNRS, et Lionel Chapuis, le physicien et sociologue qui a dirigé cette étude. De mémoire, on n’avait pas vu autant de monde réuni pour une simple annonce scientifique depuis la confirmation de l’existence du boson de Higgs en juillet dernier. Dans les gradins, on murmure même que la nouvelle à venir va balayer celle de la découverte du boson.

L’auditoire se calme peu à peu. Puis Lionel Chapuis prend la parole : « Mes chers confrères, chers journalistes, ce matin mon équipe ainsi que moi-même sommes fiers de pouvoir clairement vous dire qu’avoir une collection de cassettes VHS Disney chez soi n’est pas swag. » Et le chercheur de continuer : « Nous avons pris en compte la définition de ce qu’était le swag. Nous avons ensuite décortiqué la composition physique des VHS de Disney et nous sommes en mesure de vous confirmer qu’aucune trace de swag ne se trouve à l’intérieur d’une cassette de Disney, que ce soit à l’échelle de l’univers ou à l’échelle atomique. »

Le professeur Chapuis revient ensuite sur l’ensemble des examens physiques auxquels son équipe s’est astreinte pendant près de deux ans : « Pour cette étude, nous avons eu la chance de travailler avec le CERN de Genève qui nous a exceptionnellement prêté son célèbre accélérateur de particules, baptisé LHC. Grâce à ce dernier, nous avons pu faire s’entrechoquer à une vitesse proche de celle de la lumière des cassettes de films comme Cendrillon ou Hercule afin d’analyser la présence de particules de swag dans leur composition. Là encore, même après avoir procédé à de nombreuses vérifications, aucun indice de swag n’a été détecté. »

Lionel Chapuis passe alors la parole à Baptiste Lequertier, en charge de la partie sciences humaines du projet, qui expose ses résultats : « Nous avons également procédé à une batterie de tests neuropsychologiques sur des cobayes qui semblaient clairement en mesure de dire ce qui était swag ou non. Nous avons regardé les réactions de leur cerveau  face à un stimulus comme le nom d’un dessin animé de Disney. À un stade de notre étude, nous avons eu des doutes car plusieurs sujets d’étude semblaient réagir positivement lorsqu’ils entendaient prononcer le mot « Mulan ». Mais en recoupant les résultats, nous nous sommes aperçus qu’il s’agissait d’une erreur statistique minime. »

Baptiste Lequertier revient ensuite sur les résultats du volet sociologique de l’étude : « Les quelque vingt sociologues qui travaillent sur le projet sont tous arrivés au même constat après une double enquête qui se veut à la fois quantitative, via des sondages, et qualitative, grâce à des entretiens personnels. Et ce constat est qu’aucune donnée sociale fiable ne permet donc de qualifier une collection de dessins animés de sawg. Qu’ils soient de Disney ou non. »

Si le verdict des chercheurs semble sans appel, les scientifiques du CNRS qui ont fait cette découverte de taille tiennent toutefois à apporter une précision : « Parmi toutes les personnes interrogées, seule une infime partie (0,05 %) considère qu’avoir une collection de VHS Disney chez soi est swag. Il s’agit généralement de personnes qui présentent une absence chronique de vie sociale et des goûts culturellement marginaux. Ce faible échantillon de personnes correspond parfaitement à l’erreur statistique que nous avons remarquée lors des tests neuropsychologiques évoqués juste avant. »

Un nouveau défi à relever

L’annonce de cette nouvelle a immédiatement enflammé le web où l’on compare cette découverte à celle de la relativité par Einstein ou de la gravitation par Newton. Le CNRS met ainsi fin à une interrogation vieille de plusieurs années déjà. Mais en sciences, la fin d’un mystère rime généralement avec le début d’un autre. Après avoir résolu la question des liens entre VHS de Disney et « swag », les chercheurs du CNRS pourraient bien s’attaquer à la question qui taraude les scientifiques du monde entier : « Dire swag est-il swag ? »

Le Gorafi

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