Brest : un enfant de 6 ans traverse la crise de la quarantaine

15 Publié le 03/12/2012 par La Rédaction

La crise de milieu de vie n’a pas d’âge. Thibault a 6 ans et habite la ville de Brest avec ses parents. Alors qu’il devrait déborder de joie de vivre et d’énergie, c’est plutôt le spleen qui ronge l’existence de Thibault depuis quelque temps. Le jeune garçon est en effet plongé dans une profonde crise existentielle bien connue des psychologues : la crise de la quarantaine. Doute, remise en question, insatisfaction conjugale et angoisse face au vieillissement du corps, tous les symptômes sont là. L’histoire de Thibault, c’est celle d’un enfant précoce qui doit faire face à des préoccupations d’adulte. Récit.

BREST – La crise de milieu de vie n’a pas d’âge. Thibault a 6 ans et habite la ville de Brest avec ses parents. Alors qu’il devrait déborder de joie de vivre et d’énergie, c’est plutôt le spleen qui ronge l’existence de Thibault depuis quelque temps. Le jeune garçon est en effet plongé dans une profonde crise existentielle bien connue des psychologues : la crise de la quarantaine. Doute, remise en question, insatisfaction conjugale et angoisse face au vieillissement du corps, tous les symptômes sont là. L’histoire de Thibault, c’est celle d’un enfant précoce qui doit faire face à des préoccupations d’adulte. Récit.

« Comme l’impression d’être passé à côté »

Son apparence est tout ce qu’il y a de plus normal pour un enfant de son âge. Mais à l’intérieur de lui, Thibault cache une véritable souffrance qui le suit au quotidien. Depuis le mois de septembre, il évolue en CP dans une école primaire banale de Brest. Un passage de la maternelle à la primaire qui a provoqué une sévère remise en cause pour le jeune écolier et l’explosion d’une série de problèmes d’ordre psychologique : « J’ai comme l’impression d’être passé à côté de l’essentiel. L’arrivée en CP m’a appris de manière brutale que la vie ne pouvait se résumer à une somme de temps libre et de jeux comme c’est le cas à la maternelle. Je me suis rendu compte que la vie est infiniment plus dure que l’image que j’en avais jusque là. »

À l’instar de celui réservé aux quadras saisis par le doute, ce changement de paradigme s’est également accompagné d’une déception d’ordre conjugal, comme c’est souvent le cas. Car trois jours avant cet entretien pour Le Gorafi, Thibault avait encore une amoureuse avec qui il était depuis le début de la semaine précédente. Elle s’appelait Julie. Seulement voilà, Julie semble avoir subitement changé d’avis. Vendredi, elle annonce à Thibault qu’elle met fin à leur relation pour partir avec Guillaume, un élève de CE2, plus mature, plus centré, selon elle.

Enfin, plus dur encore, cet enfant de 6 ans, en proie à cette précoce crise de la quarantaine, doit fatalement faire face au temps qui passe et à son emprise sur lui, sur son corps : « Je vois mon corps grandir, mes muscles se développer. Je grandis, je vieillis et c’est tout simplement l’image de ma propre mort que je vois au bout. Et ce rappel me pose tout simplement cette question : “Est-ce que j’ai eu la vie que je désirais ?” La réponse est non, je crois. Plus jeune, je rêvais d’être pompier, de voyager, de vivre de grandes aventures avec des dragons et des épées. Alors qu’aujourd’hui, je suis juste élève de CP dans une école primaire de Brest. »

Des proches inquiets

Cette crise de la quarantaine avant l’heure inquiète les proches de Thibault. C’est notamment le cas de Patrice et Marion, ses parents. Dans cette épreuve, ils tentent tant bien que mal de soutenir leur fils sans pour autant s’immiscer de manière intrusive dans son intimité, comme nous l’explique Patrice : « Je connais ce genre d’épreuves. Je suis passé par là moi aussi il y a une dizaine d’années. A l’époque, j’ai été content que mes amis me viennent en aide mais je sais aussi que j’avais besoin d’être seul face à moi-même. Avec ma femme, nous essayons donc d’être là pour Thibault, de simplement lui donner notre écoute et nos conseils s’il en fait la demande. Mon fils a toujours été précoce et cette crise existentielle ne me surprend pas. J’espère juste qu’il va réussir à la surmonter de manière rapide et responsable. »

Le Gorafi

illustration wikicommon /  gebala / Marg de Oviedo, Spain

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