Un journaliste révèle la supercherie et avoue être à l origine des articles en “Ivre, il…”

49 Publié le 05/12/2012 par La Rédaction

NANTES – « Ivre, il agresse des policiers en civil. » « Ivre, il vole une voiture volée. » « Ivre, il appelle 106 fois la gendarmerie. » Des titres qui ont souvent fait sourire les internautes, qui s’amusaient à les repérer et les classer. Aujourd’hui, un journaliste explique qu’il s’agissait d’une vaste blague, dont la plupart des titres de presse étaient complices. Explications.

NANTES – « Ivre, il agresse des policiers en civil. » « Ivre, il vole une voiture volée. » « Ivre, il appelle 106 fois la gendarmerie. » Des titres qui ont souvent fait sourire les internautes, qui s’amusaient à les repérer et les classer. Aujourd’hui, un journaliste explique qu’il s’agissait d’une vaste blague, dont la plupart des titres de presse étaient complices. Explications.

Ivre, il créé un buzz sur Internet

Depuis plusieurs mois, les internautes en raffolent, ils les répertorient, les classent. Le « Ivre, virgule », comme on l’appelle, est devenu un « running gag » du fait divers. Des faits divers parfois cocasses, drôles, ou tout simplement le reflet d’un quotidien très morose. Mais des faits divers… tout simplement faux. Michel Verneret, journaliste pour Ouest France, a décidé de révéler l’ampleur de la supercherie.

« Cela a commencé comme une blague avec des collègues de la PQR [presse quotidienne régionale, NDLR], puis ça a pris de l’ampleur. » Michel Verneret avoue avoir été surpris par le succès des articles. « Nous les écrivions pour combler parfois des colonnes de faits divers sur les maquettes. On a été pris de court par le succès sur Internet… » Il explique avoir écrit plus d’une cinquantaine de ces articles sous différents pseudonymes, que la presse s’amusait à reprendre. «Tout le monde était au courant, sauf les lecteurs. Mais ces derniers temps, on a senti qu’on commençait à se caricaturer. »  Et de citer son plus récent article : « Ivre et enceinte, elle se rebelle après un accident. » Et Michel Verneret de conclure : « Après coup, je me suis dit que les gens allaient finir par avoir la puce à l’oreille. Plutôt que de faire l’article de trop,  je préfère arrêter. »

Une révélation qui risque de décevoir nombre de lecteurs et d’internautes qui appréciaient ces brèves. Quand on demande à Michel Verneret son article préféré, il répond sans hésitation : « Ivre et sans permis, il se fait flasher à 181 km/h sur le périphérique ». Quant à l’avenir, Michel l’envisage avec sérénité et ne ferme pas la porte à un prochain « running gag ». « Les gens sont devenus très attentifs, mais on tâchera d’être subtil », assure le journaliste.

Le Gorafi

Illustration : Tumblr « Ivre Virgule »

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