Face aux problèmes de surfréquentation, la France décide de lancer “Mont Blanc 2”

40 Publié le 11/12/2012 par La Rédaction

La plus haute montagne de France va avoir une sœur jumelle. Hier, dans l’après-midi, Sylvia Pinel, la ministre du Tourisme, a officiellement lancé le coup d’envoi du projet Mont Blanc 2. Une réplique en taille réelle du célèbre sommet situé dans le massif alpin. Ce projet, calqué sur celui de Lascaux 2, vise à faire face aux problèmes liés à l’exploitation touristique du site naturel. En effet, l’afflux croissant de randonneurs et autres skieurs au fil des années a considérablement ravagé ce trésor du patrimoine français.

« Ce chantier est de loin le plus ambitieux dans le domaine du tourisme depuis ces cinquante dernières années. » Sylvia Pinel était pleine de joie lorsqu’elle a annoncé la nouvelle ce matin. Puis, elle est très vite revenue sur les raisons du projet : « Le nombre de touristes qui affluent chaque année sur le mont Blanc détruit petit à petit ce bijou que la nature a offert à la France. Les randonneurs, par leurs piétinements incessants et les déchets de leurs pique-niques, asphyxient chaque jour un peu plus la faune et la flore qui y coexistent harmonieusement. »

La ministre enchaîne alors sur le cœur du projet Mont Blanc 2 : « À l’instar de Lascaux 2 et de ses reconstitutions de grottes préhistoriques, nous allons procéder à une copie exacte du mont Blanc. Ainsi, tous les touristes qui massacrent l’original depuis tant d’années pourront librement déchaîner leur folie touristique sur cette reconstitution. Pour ce faire, il nous fallait trouver un lieu suffisamment vaste pour accueillir Mont Blanc 2. Après une prospection et un appel d‘offres qui se sont déroulés sur deux ans, notre choix s’est arrêté sur la forêt des Landes et la région Aquitaine. »

Cette décision ne réjouit pas tout le monde. Pascal Cheylan est élu UMP de Haute-Savoie. Pour lui, ce projet rime avec catastrophe économique pour le département du mont Blanc historique : « Ouvrir Mont Blanc 2, c’est fermer le mont Blanc 1 ! Et ça, la ministre ne le mentionne jamais. On va perdre des dizaines de milliers d’emplois à cause de Mont Blanc 2. Alors, on parle des 600 salariés de Florange mais quid de tous les travailleurs de la région qui vont se retrouver sur le carreau ? Hein ? »

Les habitants des départements environnants se mettent également à signifier leur mécontentement. La famille Navier vit à Grenoble dans l’Isère, non loin du mont Blanc. Maryse, mère de famille, proteste : « Pour aller en voiture au vrai mont Blanc, d’habitude, on met moins de deux heures. Mais là, si on veut se rendre à Mont Blanc 2, on va mettre quatorze heures aller-retour. Autant vous dire que pour le week-end, c’est mort. »

Des Landais impatients

Si cette décision fait enrager les habitants des Alpes, elle apporte toutefois un souffle nouveau à ceux des Landes, qui verront bientôt s’élever dans leur contrée un nouveau mont Blanc landais. Paule habite près de Mont-de-Marsan où la montagne devrait être érigée. Elle raconte sa joie : « C’est une merveilleuse nouvelle. On aura enfin du relief dans le coin. » Un autre habitant y voit, lui, la perspective d’une reprise économique de la zone : « Ça va faire du bien à la région. J’imagine que ça va créer pas mal d’emplois pour la construction, sans parler de l’entretien. C’est tout bénef’ pour nous ! »

Un bon présage pour les Landes et ses forêts puisque MB2, comme on l’appelle déjà, devrait être composé à 75 % de bois. Du bois issu des arbres abattus lors de la tempête Klaus en 2009 et qui avait mis la région à terre.

Le Gorafi

Illustration : Wikicommon User Zulu on fr.wikipedia

Publicité
Publicité