Les dossiers du “Gorafi” : Le chat de la mère Michel, les témoins

2 Publié le 11/12/2012 par La Rédaction

Toute la semaine, « Le Gorafi » revient sur l’enquête de la disparition du chat de la mère Michel et éclaire l’affaire sous un jour nouveau.

Disparition du chat de la mère Michel :  des contradictions au cœur des témoignages.

Le chat de la mère Michel disparaît dans la journée du 11 février 1969. Rapidement, les enquêteurs constatent des différences dans les témoignages des principaux acteurs des faits.

Après son coup de fil à la gendarmerie de Creil, (voir le premier volet de l’enquête hier) le père Lustucru devient le premier suspect. L’homme se disait prêt à fournir toute l’aide nécessaire pour retrouver le chat de la mère Michel alors que l’annonce de sa disparition n’avait pas encore été rendue publique.

Le premier interrogatoire de la mère Michel laisse planer quelques doutes chez les enquêteurs. Lors de son premier coup de téléphone, elle déclarait avoir perdu son chat vers 13 heures. Désormais, elle affirme qu’il a disparu beaucoup plus tôt, vers 11 heures. Dans Le Chat de la mère Michel. Une énigme française, Stéphane Bourgoin, le célèbre profiler de tueurs en série français, situe la disparition entre 12 h 30 et 12 h 38. Il est contredit par un ancien expert de la gendarmerie qui a participé à l’enquête en 1969 : « Pour nous, il est clair que la disparition est survenue beaucoup plus tôt dans la matinée, la mère Michel n’a jamais formellement reconnu son chat dans la cuisine. Elle dit être persuadée de l’avoir vu mais une autre voisine dit aussi l’avoir aperçu au même moment, dans la cour. »

Le mystère s’épaissit un peu plus encore lors de l’interrogatoire du père Lustucru. Ouvrier à la retraite, il vit non loin du domicile de la mère Michel. Cette fois, il prétend non pas avoir lu l’information dans la presse comme il l’avait dit par téléphone (voir notre article de hier) mais la tenir de la mère Michel elle-même qu’il affirme avoir croisé vers 12 h 30. « J’ai discuté avec la mère Michel, pour prendre de ses nouvelles. Rien de plus », affirme-t-il dans sa déposition le lendemain. Si la mère Michel dit bien avoir « vu de loin le père Lustucru », elle dément avoir discuté avec lui de la perte de son chat. « J’ai vu un homme au loin, habillé comme Lustucru, mais il était plus grand et n’avait pas la même démarche que lui », explique-t-elle. Cet homme était-il vraiment Lustucru ? Selon le docteur André Broussard, qui a publié Le Chat de la mère Michel et le Secret des Atlantes, ce n’était pas Lustucru que la mère Michel a aperçu ce jour-là, mais un hologramme extraterrestre destiné à la tromper. « J’ai des preuves mais je ne peux pas en parler, trop de choses sont en jeu », confie-t-il.

Les gendarmes tentent de relier les deux versions. Ils savent que la clé de la disparition du chat de la mère Michel est là. C’est alors qu’un événement va bouleverser l’enquête. Lustucru fait volte face et affirme avoir été en Italie au moment des faits. C’est depuis Milan où il était en rendez-vous d’affaires qu’il aurait été informé de la disparition du chat de sa voisine. Quand on lui demande pourquoi il change de version aussi soudainement, alors que plusieurs témoins oculaires sont certains de l’avoir vu, il prétend que cela lui est revenu « tout d’un coup, vous savez je suis très distrait, hier encore j’ai égaré ma belle-mère et il m’a fallu la demi-journée pour la retrouver ». Des explications qui laissent les gendarmes sur leur faim. « Il affirme être en Italie le jour même où il était interrogé par la gendarmerie, je pense qu’il cachait quelque chose. Ou alors il se moquait de nous. Nous avons étudié tous les cas de figure », explique un brigadier à la retraite.

Mais les enquêteurs ne sont pas au bout de leurs surprises. Nous sommes en mesure, aujourd’hui, de raconter le vrai et inquiétant passé de Lustucru dans la suite de notre article à paraître demain : Lustucru, un homme vraiment, vraiment inquiétant !

Basile Sangène et Paul Regard, grands reporters

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