Moody’s dégrade la moyenne trimestrielle de Guillaume, 7 ans

21 Publié le 13/12/2012 par La Rédaction

PUTEAUX – Les agences de notation ont encore frappé. Cette fois-ci, c’est au tour de Moody’s, l’une des 3 principales agences sur le marché. Celle qui a retiré à la France son précieux AAA courant novembre s’attaque désormais à un nouveau secteur : l’Éducation Nationale. Et la dernière victime de l’agence américaine n’est ni une institution, ni un établissement mais bien un simple particulier. Guillaume, 7 ans, scolarisé en CE1, s’est vu dégrader sa note trimestrielle par Moody’s vendredi. Analyse.

PUTEAUX  – Les agences de notation ont encore frappé. Cette fois-ci, c’est au tour de Moody’s, l’une des 3 principales agences sur le marché. Celle qui a retiré à la France son précieux AAA courant novembre s’attaque désormais à un nouveau secteur : l’Éducation Nationale. Et la dernière victime de l’agence américaine n’est ni une institution, ni un établissement mais bien un simple particulier. Guillaume, 7 ans, scolarisé en CE1, s’est vu dégrader sa note trimestrielle par Moody’s vendredi. Analyse.

Une perte de compétitivité

« La baisse de notation reflète essentiellement une absence d’esprit de compétitivité ainsi qu’une réévaluation négative de l’ensemble des notes de Guillaume sur ce premier trimestre », a déclaré l’agence pour motiver sa décision. Douglas Quigley, principal analyste de Moody’s sur le dossier Guillaume précise : « Nous avons vérifié la totalité des contrôles de Guillaume et il s’avère que sa maîtresse a oublié de nombreuses fautes dans ses copies. C’est notamment le cas d’erreurs de syntaxe ou d’orthographe non comptabilisées et qui nous obligent donc à descendre la note de français de Guillaume ainsi que sa moyenne générale ».

Une note globale qui chute de 4 points et qui ramène donc la moyenne trimestrielle de Guillaume à 12. Une dégradation importante justifiée également par un manque de compétitivité du jeune écolier comme le détaille Douglas Quigley : « L’esprit de compétition de Guillaume est en chute libre depuis le début de l’année. Jusqu’à la mi-octobre, il était assez motivé pour dépasser ses camarades et faire mieux que les autres. Aujourd’hui, il souhaite juste faire des choses qui lui plaisent pour elles-mêmes, pour la seule satisfaction psychologique qu’elles lui apportent. Cet état d’esprit risque de faire descendre sa moyenne sur les deux prochains trimestres de l’année. Ce qui nous amène donc à faire cette prévision négative aujourd’hui.»

Guillaume, de son côté, a accueilli cette nouvelle avec colère vendredi soir. Il y voit un nouveau signe de la toute puissance et de la dérive des agences de notation. Trois jours après les faits, il est partagé entre amertume et déception : « D’accord pour la nouvelle évaluation de mes notes de français mais pour ce qui est de mon soi-disant manque de compétitivité, là je dis non. Ces messieurs de chez Moody’s pensent tout savoir et sont des apôtres du libéralisme économique et scolaire. Je dois pouvoir travailler en classe sans avoir tout le temps à l’esprit la compétition mondiale acharnée dans laquelle nous serions soi-disant tous plongés ».

Des conséquences sur Noël

Mais ce qui fait davantage enrager Guillaume, ce sont les effets économiques et financiers d’une telle dégradation : « Ils ne se rendent pas compte de l’incidence que cela va avoir sur mon bien-être quotidien. Le fait qu’ils annoncent ça à quelques semaines de Noël va forcément avoir un impact sur mes cadeaux. Je sais déjà qu’ils seront moins importants en nombre et en valeur sous le sapin. Mes parents vont hésiter à investir de l’argent et plus largement de la confiance dans mon activité ».

Le Gorafi

Illustration :  logo Moody’s

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