L’armée délocalise ses stages commando sur le RER D

22 Publié le 20/05/2013 par La Rédaction

Si vis pacem, para bellum (Si tu veux la paix, prépare la guerre) conseille la fameuse locution latine. Et c’est bien dans cette optique que l’armée de terre française semble avoir engagé une petite révolution qui est passée inaperçue jusqu’à aujourd’hui. Depuis plusieurs semaines, la grande muette n’envoie plus ses hommes les plus volontaires s’aguerrir au Centre National d’Entraînement Commando (CNEC) où ils avaient l’habitude d’aller. Non, désormais, c’est sur la ligne D du RER francilien que les militaires de l’Hexagone passent plusieurs semaines pour un stage commando déjà qualifié de « plus dur du monde ». Reportage.

Survie sur les quais de Chatelet-les-Halles, combat urbain en Gare du Nord ou encore exercice de guérilla à balles réelles en gare de Grigny, les épreuves à la rudesse avérée ne manquent pas au programme de cette nouvelle formation commando qui se veut avant tout ancrée dans le réel. Le colonel Lopez est porte-parole de l’armée de terre : « L’idée était de mettre sur pied une session d’aguerrissement physique, mais surtout psychologique, qui réponde aux exigences des théâtres opérationnels de 2013. C’est donc pour cette raison que nous avons décidé de déménager le CNEC de Mont-Louis-Collioure dans les Pyrénées Orientales au cœur du RER. »

Trois semaines d’enfer à tenter de ne pas craquer entre trains saturés et incivilités. Voilà donc ce qui attend désormais les hommes en treillis de l’armée française. Lucas est caporal-chef au 8e RPIMa de Castres. Il fait partie des premiers à avoir testé ce stage commando transféré sur le RER D. Il raconte : « Ça n’a rien à voir avec ce qui se faisait par le passé. C’est un tout autre niveau d’épreuve ! Je suis sorti de ce stage, j’étais une loque. Et aujourd’hui je me demande encore comment j’ai fait pour ne pas craquer. » Et le militaire du rang de continuer : « Je suppose que l’état-major l’a voulu ainsi mais il pousse tous les candidats dans leurs derniers retranchements. Si le mental n’est pas là pour assurer, c’est terminé. »

L’accueil de soldats étrangers

Ce stage commando à bord du RER D, de par sa difficulté exceptionnelle, semble déjà attirer le regard des autres armées du monde qui observent avec intérêt cette initiative originale. Certains pays ont même passé des partenariats pour envoyer quelques-uns de leurs hommes à bord de la ligne Creil-Melun. C’est le cas d’Eduardo Mira, sergent dans l’armée colombienne, qui testera d’ici quelques jours les joies des transports en commun en Ile-de-France: « Je suis très impatient de faire mes preuves  à l’occasion de cette formation. Chez nous, on a le stage des Lanceros au cœur de l’Amazonie qui dure 66 jours. Je l’ai déjà fait deux fois. C’était la pire expérience de ma vie mais aussi la plus riche. Mais à côté de ce que semble réserver le RER D, on dirait un épisode des Télétubbies »

La Rédaction

Illustration: WikiCommons / Rama

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