Polémique à l’agence du médicament sur la façon de cacher un scandale qui explosera dans 20 ans

11 Publié le 21/05/2013 par La Rédaction

Vives dissensions à l’ANSM, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament. Depuis plusieurs semaines, nous explique une enquête du Parisien, les membres de l’établissement public se déchirent sur un dossier de fond. Experts et dirigeants se disputent en effet sur la méthode à employer pour dissimuler le plus efficacement possible le prochain scandale sanitaire de grande ampleur qui surviendra probablement dans plusieurs dizaines d’années. Un fossé qui se creuse donc à l’ANSM sur fond de rivalités de pouvoir. Décryptage.

Vives dissensions à l’ANSM, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament. Depuis plusieurs semaines, nous explique une enquête du Parisien, les membres de l’établissement public se déchirent sur un dossier de fond. Experts et dirigeants se disputent en effet sur la méthode à employer pour dissimuler le plus efficacement possible le prochain scandale sanitaire de grande ampleur qui surviendra probablement dans plusieurs dizaines d’années. Un fossé qui se creuse donc à l’ANSM sur fond de rivalités de pouvoir. Décryptage.

Pro et anti destruction des preuves par le feu

Jusque-là, aucun des deux camps n’a souhaité s’exprimer sur la nature concrète de ce futur scandale lié donc à un médicament ou à un produit biologique. Cependant, les différents acteurs de ce chaos qui sévit à l’Agence du Médicament défendent tous leur point de vue par médias interposés. C’est le cas du professeur André Malissian qui représente l’un des courants autour duquel se divisent les experts de l’ANSM : « A titre personnel, quand on se rend compte qu’on est en face d’un scandale sanitaire sans précédent comme c’est le cas, je préconise ni plus ni moins qu’une destruction totale et immédiate par le feu de toutes les preuves qui non seulement attestent qu’il y a un problème de santé publique mais aussi, et surtout, toutes les preuves qui laisseraient entendre que nous aurions réagi beaucoup trop tard. »

Une méthode de suppression des preuves par le feu donc mais qui suscite bon nombre de réactions hostiles : « Contrairement au Pr Malissian, je pense, et beaucoup d’experts de l’ANSM sont avec moi sur ce coup, qu’il serait plutôt judicieux d’enfermer tous les rapports et dossiers compromettant dans un coffre fort à serrure numérique et ensuite de faire disparaître toutes les personnes possédant le digicode de ce coffre », explique le Pr Roucaute, responsable d’un service d’évaluation à l’Agence du Médicament. Et le scientifique de préciser : « C’est un moyen bien plus sûr que la mise au feu des preuves qui repose en grande partie sur le facteur humain. Et qui dit facteur humain dit potentiellement erreur à la clé. Ce serait très fâcheux pour tout le monde qu’une feuille échappe des mains de la personne chargée de l’incinération. »

A la direction de l’agence, on tente de calmer le jeu en invoquant un simple « débat d’idées ». Guillemette Renoux est porte-parole à l’ANSM : « Il s’agit tout simplement d’une divergence de point de vue comme on en retrouve dans tous les processus décisionnels. Ce n’est en aucun cas le pugilat qu’aiment à décrire les médias. Non, on échange nos impressions sur une même problématique, c’est tout », s’est expliqué la représentante avant de répondre aux journalistes qui la questionnaient sur le sujet : « Non. Je ne peux vraiment pas vous dire de quoi il s’agit exactement. Notre réglementation est très stricte concernant la communication sur ce type d’affaire. La seule chose que je peux vous dire aujourd’hui, c’est qu’il s’agit probablement du plus gros scandale sanitaire depuis plus de 60 ans. »

L’intervention du Ministère de la Santé

Si les désaccords venaient à se prolonger dans le temps sur cette question qui pourrit littéralement l’activité de l’Agence du médicament, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, pourrait bien intervenir pour arbitrer le dossier. Interrogée sur cette affaire ce matin sur RTL, la ministre a lâché sans plus de précision : « On ne peut tolérer ce genre d’attitude puérile face à un problème de santé très grave et qui concerne ‘’visiblement’’ la grande majorité des Français. Si les disputes internes à l’ANSM ne sont pas réglées au plus vite, je me réserve le droit de trancher personnellement sur la manière d’étouffer ce futur scandale sanitaire. »

La Rédaction

Illustration: Logo ANSM

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