L’Office du Tourisme de Thaïlande aurait reversé 12% des revenus de la prostitution à Bernard de La Villardière

44 Publié le 15/07/2013 par La Rédaction

Jamais le présentateur d’M6 n’aura été autant dans la tourmente. Ce matin, le quotidien thaïlandais Thai Rath a publié une enquête qui risque de faire l’effet d’une bombe dans le paysage audiovisuel français. Le journal démontre en effet, à travers de nombreux témoignages, que Bernard de La Villardière, le journaliste à la tête du magazine Enquête Exclusive, serait au cœur d’un système de commissions illégales. Dans le cadre des reportages qu’il propose, il aurait notamment perçu d’importantes sommes d’argent de la part de l’Office du Tourisme de Thaïlande pour avoir vanté les « vertus » de la région.

Jamais le présentateur d’M6 n’aura été autant dans la tourmente. Ce matin, le quotidien thaïlandais Thai Rath a publié une enquête qui risque de faire l’effet d’une bombe dans le paysage audiovisuel français. Le journal démontre en effet, à travers de nombreux témoignages, que Bernard de La Villardière, le journaliste à la tête du magazine Enquête Exclusive, serait au cœur d’un système de commissions illégales. Dans le cadre des reportages qu’il propose, il aurait notamment perçu d’importantes sommes d’argent de la part de l’Office du Tourisme de Thaïlande pour avoir vanté les « vertus » de la région.

Une publicité efficace

L’émission mise en cause dans cette sombre affaire a été diffusée le 7 juillet dernier sur M6. Sobrement baptisé
« Plage, rap et boxe thaï : vacances de folie à Pattaya », le film montre de jeunes Français passant du bon temps entre des eaux turquoises et de jeunes prostituées thaïlandaises dans cette ville réputée pour son tourisme sexuel. Un Enquête Exclusive tout à fait normal donc. Mais derrière cette apparente normalité se cache un échange de bons procédés bien huilé au cœur duquel Bernard de La Villardière serait apparemment comme un acteur clé.

Le scandale est sorti au royaume de Siam grâce à une ancienne employée de l’office du Tourisme de Thaïlande. Aujourd’hui reconvertie dans le privé, cette dernière a décidé de dénoncer une pratique de corruption généralisée: « J’ai vu ce journaliste français recevoir de la main à la main une somme d’argent considérable. On parle ici de plusieurs dizaines de milliers d’euros. » et l’ancienne responsable de témoigner : « M. de La Villardière a touché 12% de la totalité des revenus de la prostitution en Thaïlande durant la période de tournage de son émission. C’est un deal très fructueux et ce n’est pas la première fois qu’il propose ce genre de marché à des hauts responsables thaïlandais. »

L’ex-employée termine son témoignage dans Thai Rath en glissant subrepticement une once de soupçon supplémentaire : « Ça doit être au moins le 15e sujet qu’il vient faire ici autour de la prostitution. Ça me paraît trop gros pour être un simple hasard. Je crois surtout que ce journaliste, si on peut l’appeler ainsi, est tout simplement le meilleur publicitaire que la Thaïlande ait connu jusque-là. » De là à penser que Bernard de La Villardière vendrait des reportages à M6 simplement pour arrondir grassement ses fins de mois ? Le quotidien Thai Rath, sans trop de précaution, franchit carrément le pas en accusant l’animateur d’ « escroquerie généralisée ».

Plus loin dans son reportage, le journal thaïlandais interroge d’ailleurs Yingluck Prahya, un proxénète de Pattaya pour tenter de comprendre le fondement même de ce système de commissions : « C’est vrai que 3-4 jours à peine après la diffusion du reportage tourné ici, on a fait d’excellents chiffres, notamment grâce à une augmentation conséquente de notre clientèle d’origine française. Après, est-ce qu’il y a un lien de cause  à effet direct entre cette émission et nos bénéfices en hausse ? C’est peut-être aller un peu vite en besogne. »

Des dizaines de pays concernés

Ici en France, la nouvelle a également suscité d’importants remous. Elise Lucet, qui présente Cash Investigation sur France 2 a été la première journaliste a s’exprimer ouvertement sur ces accusations qui visent son confrère : « Ce sont des allégations très graves. Mais en coulisses, tout le monde se demande pourquoi Bernard fait des sujets sur les putes depuis des années. Le journal Thai Rath vient de nous proposer une réponse. Maintenant, la vraie question, c’est la suivante : « A-t-il oui ou non mis en place un système de commissions identiques dans tous les pays où il est allé parler de la prostitution comme la Colombie ou la République Dominicaine ? » Au regard de l’intégralité des reportages produits dans Enquête Exclusive, ce sont potentiellement des dizaines de pays qui sont concernés. »

De son côté, Bernard de La Villardière refuse pour l’instant de répondre à nos questions.

La Rédaction

Publicité
Publicité