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« Et de 3 qui font 5 ! » : plongée au cœur de l’Institut de Formation des Boulangères 

Pain

C’est un métier que tout le monde connaît mais qui finalement reste bien mystérieux. Qui ne s’est jamais demandé quelle histoire se cachait derrière la boulangère qui travaille généralement à deux pas de chez soi. Pour résoudre cette question, Le Gorafi a décidé de se rendre à l’Institut de Formation des Boulangères (IFB), l’école d’où sort la quasi totalité des professionnelles de l’accueil en boulangerie. Mémorisation de phrases clés, formules de politesse à maîtriser à la perfection et restitution de la monnaie. Les élèves de l’Institut doivent acquérir une panoplie de savoir-faire tous plus indispensables les uns que les autres. Reportage.

Aller au cœur du métier

Sylvio Milchione est le fondateur et le directeur de l’IFB. Dès le début de notre entretien, il tient à clarifier les choses: boulangère est un métier des plus difficiles. « Notre mission c’est de former sur 3 ans des boulangères professionnelles capables de prendre n’importe quelle commande, que ce soit du simple éclair au chocolat à la fougasse la plus élaborée. Pour cela, nos élèves apprennent ces phrases incontournables dans le métier de boulangères, des phrases comme “Et avec ceci ?”, “Et comment elle va aujourd’hui ?” et autres “ Tranché le pain ?”. Il s’agit d’un ensemble de compétences qu’il faut acquérir avec la pratique. C’est pour ça que nous proposons une formation sur 3 années dont les 2 premières se font en continue et la dernière en alternance. C’est le temps nécessaire pour devenir une boulangère capable de s’insérer sur le marché de l’emploi », nous explique le directeur en pleine préparation du calendrier pédagogique de l’année 2013-2014.

Une formation plutôt longue et exigeante donc. Un chemin difficile pour tous les prétendants ou plutôt les prétendantes qui souhaitent accéder à ce que Sylvio Milchione appelle « le plus vieux métier du monde ». Marie-Angèle Viciana a fait le choix de l’IFB. Ayant terminé sa 1ère année, elle s’apprête à attaquer une seconde saison dite de spécialisation: « La 1ère année on a essentiellement appris les bases de la profession. C’est à dire comprendre ce que veulent les clients et leur donner ce qu’ils attendent. Car si un client ou une cliente nous demande par exemple une part de flan et qu’on lui donne une baguette tradition, la personne risque de très vite montrer son mécontentement et la situation risque de s’envenimer. »

Pour la seconde année de son cursus, Marie-Angèle souhaite donc approfondir ses connaissances: « L’objectif à partir de la rentrée en septembre, c’est de maîtriser une formule verbale très utile. Celle du “A qui le tour ?”. Une fois qu’on sait bien s’en servir, ça nous aide à repérer quel client n’a pas encore été servi et on peut donc se concentrer sur lui pour prendre sa commande. » Et l’apprentie-boulangère d’ajouter: « L’autre but à atteindre cette année c’est d’arriver à rentrer dans cette posture si propre aux boulangères qui accueillent les clients. Un mélange de politesse commerciale et d’agressivité sous-jacente à cause d’une profonde frustration existentielle. C’est très dur à assimiler mais une fois que c’est fait le plus dur est derrière », nous explique la jeune femme de 22 ans qui profite de ses vacances pour réviser ce qu’elle a appris lors de la précédente année.

Des professionnels sceptiques

Si la formation proposée par l’Institut de Formation des Boulangères se présente comme la seule reconnue par l’Etat, ses tarifs n’en demeurent pas moins ceux d’une école privée. Les jeunes femmes qui désirent devenir boulangères devront en effet débourser la coquette somme de 18 000 euros pour atteindre leur rêve. Un choix que Liliane, boulangère expérimentée de Villetaneuse, désapprouve ouvertement : « Boulangère, ça s’apprend pas. C’est un art et surtout une vocation. Ça fait 37 ans que je vends de la baguette et du croissant au beurre et j’peux vous dire qu’il n’y a pas 10 000 moyens d’y arriver. C’est en boulangeant qu’on devient boulangère. Et c’est pas avec des formations à 6000 euros l’année qu’on peut remplacer l’expérience apportée par le terrain. »

La Rédaction

Illustration: Flickr / Biscarotte

 

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41 Avis éclairés « Et de 3 qui font 5 ! » : plongée au cœur de l’Institut de Formation des Boulangères

  1. Joey Heinbon

    Allez donc chercher la chanson du groupe de rap musette nommé Java, et qui s’intitule « ça s’ra tout ? »
    Outre la jolie musiquette, vous y enrichirez votre glossaire pâtissier.
    Non, je mettrais pas de lien, sortez vous les doigts du fiacre, et allez chercher tous seul, un peu, bande d’assistés.
    C’était un avis désintéressé, éclairé, et somme toute fort peu rigolo. Mais c’est bon de ne pas rire, parfois.

     
  2. Monsieur Marcadet

    « Oui bonjour, la boulangerie Berthier ? Oui je voudrais savoir si vous aviez en magasin un canapé de type confortable ?…Non ?
    Et ben va falloir pensez à vous diversifier si vous voulez pas vendre des baguettes toute votre vie !!! C***asse ! »
    Merci les Robins des Bois

     
  3. Jean Neymar

    J’ai l’impression d’avoir déjà lu cet article dans les pages métier de Ouest-France à côté de « Jean-Michel : il a décidé d’être créateur en lino. »

    Par contre une question me taraude : pourquoi a-t-on si souvent grave envie de se la taper la boulangère ? Priapisme ? Masochisme compte-tenu de leur attitude semi autoritaire ? Envie de se rouler dans la farine ? Gluten ?

     
  4. Franck

    Il est important aussi de savoir gérer l’imprévu, savoir ce comporter lorsque les choses ne se passent pas comme elles devraient se passer.

    Le cas le plus fréquent est la chute de la pièce de monnaie entre le client et la boulangère. Dans ce cas, les meilleures écoles de formation conseillent de garder son calme et de déclarer : « Attention, ça repousse pas ! »

     
    • zagi-zago

      C’est normal que ca repousse pas, tout le monde les ramasse quand elles tombent

       
  5. oV

    Je suis très déçu du fait que vous n’évoquez pas la partie météorologique du programme dans cette école. Lors de l’apprentissage, l’étudiante boulangère est confronté à de nombreux cas technique comme le :
    « Ça pleut, et pour toute la semaine ! »
    ou « La canicule ? Oui, ça tape, faut pas sortir l’après-midi ».
    Des phrases extrement difficiles à maitriser et à utiliser correctement !

     
  6. Lord Aldeas

    Je m’insurge contre ce sexisme qui interdit aux hommes l’accès à une telle profession et à fortiori à une telle école! La discrimination positive n’est pas une solution !

     
  7. Sohcatoa

    Par contre faut se méfier des boulangères qu ont des grosses boules …..

     
  8. Michel Tabouret

    De toutes facons moi je ne vais que chez celles qui ont des grosses miches

     
  9. Sohcatoa

    Ma boulangère préférée est celle qui m offre ses pumpernickels…les autres j aime pas …..

     
  10. Claude, le mari de Liliane

    Ma femme elle a tout compris ! Et d’ailleurs, je l’ai incité à faire de même sur bien de nombreux terrains :
    - c’est en cuisinant qu’on devient cuisinière
    - c’est en faisant le ménage qu’on devient ménagère
    - c’est en faisant le café qu’on devient une cafetière

     
  11. Moké

    Florent, ce Sylvio Milchione sent tellement la private joke sur le Studec.. j’espère que ce n’est pas une coïncidence…

     
    • bluechange

      TELLEMENT !

       
  12. T D

    Le « Il fait chaud, hein? » a en revanche été retiré du programme d’enseignement.

     
  13. Seb

    Il est navrant de voir encore une de ces écoles anti-démocratique formant la pseudo-élite française faire la une d’un journal. Evidemment en début de carrière les diplômés vont toucher un peu à la technique (et encore) mais ensuite, je suis certain qu’ils vont se diriger vers des postes de management où il ne sera plus question que de Powerpoint, de tableur Excel et de Rapports.

    Et après on s’étonne que l’économie de notre pays va mal ? Pauvre France…

     
    • zapiro

      aille, aille,aille!!!

       
      • Paul Emploi

        Cette omniprésence du pack office nous rappelle les heures les plus sombres de notre Histoire.

         
  14. Lalie

    C’est vrai qu’il faut une capacité de mémoire phénoménale pour apprendre et retenir les phrases de base … 3 ans ça reste quand même un peu léger pour connaitre toutes les ficelles ( pas trop cuite merci ) du métier ….

     
  15. Orior

    On n’aborde pas dans l’article comment sont formées les boulangères pour rendre la monnaie. Je suis déçu !

     
    • Une boulangère (spécialisée)

      Je suis moi même boulangère de formation à l’IFB à la suite de quoi j’ai passé un mastère « économie du pain et de la pâtisserie fine » et je peut affirmer que ce point est écarté car il s’agit tout simple simplement une information confidentielle.

      En effet, si tout les profanes pouvaient connaitre les mécanismes algorithmiques du rendu de la monnaie, alors ce serait prendre un risque : outre le danger de la divulgation d’un savoir unique dont l’IFB a encore le monopole de la divulgation, c’est faciliter la mise en place de méthodes de fraudes sur le rendu de la petite monnaie par des bandes organisées, qui pourraient finir par mettre en péril l’économie capitaliste.

      Au vu des conséquences potentielles, on a donc là une application tout à fait professionnelle du principe de précaution de la part du Gorafi.

       
  16. Florent

    Sylvio Milchione, qui rappelons-le, est le cousin de Sylviano Marchione, fondateur du Studec.

     
  17. A pas peur

    je demande minimum Bac + 5 en aéronautique et dynamique des fluides à mes employées pour vendre mes 10 chouquettes à 3 euros. Ils sont un peu en retard à l’IFB…. Et la festive est à 1 euro (Rappel).

     
  18. FloTang

    Pain ça alors !

     
  19. Jean-Mouloud

    Hier ma boulangère a confondu mon pain de campagne habituel avec un pain brioché. Je l’ai abattue.

     
    • ZENIT

      Rien d’original! je feuillette la presse régionale et j’ai compté 18 assassinats de boulangère pour la seule journée d’hier en France ( hors DOM-TOM et Bouches du Rhône).

       
      • La carotte

        C’est pour ça qu’une boulangère a abattu un de ses clients qui lui avait demandé un « pain au chocolat » à Toulouse, elle a juste eu peur

         
        • Rouldug

          Les Bouches du Rhône, c’est particulier. A cause de la guerre des gangs autour de certains commerces juteux, le pain bagna sur les plages, par exemple (bien plus rentable que les putes ou la poudre).

           
  20. john nada

    ATTENTION!!!!
    A Toulouse on ne vend pas de »PAINS AU CHOCOLAT »
    mais des « CHOCOLATINES ».
    Tout contrevenant s’expose a une peine de mort.
    Sentance qui peut etre executé imediatement par
    la boulangere elle meme a l’aide d’un revolver ou
    de tout autres armes se trouvant a sa disposition.

     
    • Ysabeau

      Dans une des boulangeries que je fréquente on vends des pains au chocolat ET des chocolatines, sauf peut-être en ce froid été caniculaire où le chocolat a tendance à fondre à peine sorti de l’étagère réfrigéré où il est posé.

       
  21. Gilles

    Merci pour ce magnifique foutage de gueule, on vous pensait plus intelligents que ceux que vous parodiez. A quand un témoignage « Nous avons rencontré un maçon qui sait lire » ?

     
    • Luc

      Moui…ou nous avons rencontré un politicien qui a un projet citoyen…

       
    • ZENIT du grand orient

      Ils sont nombreux les francs-maçons à savoir lire et écrire.

       
    • T D

      Impossible, là tout le monde verra que c’est un fake du premier coup d’oeil…

       
  22. ZENIT

    En premier lieu la boulangère doit avoir de bonnes miches et être une spécialiste de la flûte.Elle aura évidement un ou plusieurs bâtards. Selon l’endroit où elle pratique elle vendra des pains au chocolat ou des chocolatines mais dans tous les cas elle aura un revolver chargé à portée de main.Au concours international annuel de l’argument servi aux clients, qu’elle se méfie de la coiffeuse qui ne manque pas de conversation et qui dispose en permanence de supports comme Gali, Voiça et autre revues hautement intellectuelles.

     
    • Jean-Mouloud DORCEL

      Vous m’inspirez! Je vois déjà le titre de mon prochain film: « Roberta, où l’histoire d’une boulangère qui n’utilisait pas de levure pour faire monter une baguette »

       
      • zapiro

        ça sort quand du four?

         
    • Fabbb

      Revolver, je sais pas… Mais en Belgique elle aura toujours un pistolet sous la main!

       
  23. Perrine

    Je trouve que c’est une formation d’autant plus importante que si la boulangère s’exprime mal, on sait tous que cela risque de mal finir. Je ne peux que vous renvoyer vers l’article de mars dernier (http://www.legorafi.fr/2013/03/20/toulouse-il-se-fait-abattre-de-46-balles-dans-le-corps-pour-avoir-demande-un-pain-au-chocolat/). Imaginez si la boulangère oubliait la spécificité de sa région et donnait « un pain au chocolat » à un Toulousain ?
    Bref, cette formation devrait même être financée par l’Etat, afin que jamais ce genre de situation ne se présente.
    Ce qui est plus compliqué par contre, c’est d’exporter le savoir. Je pense que commander un bagel ou un donut, par exemple, n’est pas compréhensible pour une boulangère française si elle voulait travailler aux Etats-Unis.
    A quand une formation internationale ?

     
  24. A pas peur

    Ce sera tout?

     

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