Incapable de monter la surprise de son Kinder, un polytechnicien se donne la mort

129 Publié le 16/09/2013 par La Rédaction

Palaiseau- L’affaire remonte à plusieurs mois mais n’a été rendue publique que ce matin : l’Ecole Polytechnique est en émoi suite à la découverte tragique du corps sans vie de Jean-Philippe Bernon, élève de 2ème année. Rien ne laissait présager un tel drame au cœur de l’élite française. Enquête.

Voilà déjà deux semaines que les étudiants sélectionnés pour représenter leur École au défilé du 14 juillet s’entraînaient deux heures par jour en arborant fièrement le bicorne emblématique de l’excellence française. Parmi eux, Jean-Philippe Bernon, major de sa promotion, modèle parfait d’un étudiant à qui tout réussit ; du sport aux suites logiques, en passant par le porté d’uniforme, pas un domaine dans lequel Jean-Philippe ne se démarquait pas. Ses camarades ne comprennent pas ce geste aussi inattendu qu’inexplicable.

« Jean-Phi était un très bon camarade, un esprit sain dans un corps sain, un bon partenaire de squash, et ce n’était pas le dernier pour les contrepèteries ni les calembours potaches », déclare très ému son binôme qui s’interroge sur les raisons qui ont pu pousser son camarade au suicide. « Il devait certainement avoir de gros problèmes familiaux ou avoir reçu un énorme choc émotif pour commettre un tel geste. Jean-Philippe était quelqu’un de fort; il arrivait à trouver en un temps record toutes les applications d’endomorphismes d’espace vectoriel de dimension infinie sur des espaces de dimension inférieure mais connue, et ceci sans l’aide de calculatrice. Très sincèrement, je ne comprends pas. Je ne comprends pas. »

Le syndicat des parents d’élèves a dénoncé dans la matinée un trop plein de travail qui pousse les élèves au surmenage, et dans des cas extrêmes, au suicide. Le Directeur de l’École Polytechnique s’est défendu des accusations portées contre l’enseignement de l’X lors d’une conférence de presse encadrée par la police judiciaire: « Tous les élèves qui rejoignent l’École Polytechnique sont passés par Maths Sup/ Maths spé, des années de labeur acharné dont ils connaissent la valeur. Une fois rentrés à Polytechnique, les devoirs intensifs et le rythme d’apprentissage baissent au profit d’un emploi du temps aménagé pour boire, jouer au squash, boire, porter l’uniforme, et boire: un enseignement que nous souhaitons équilibré pour apprendre l’autonomie et l’intégration aux pupilles de la Nation. »

La police judiciaire chargée de l’enquête analyse les pièces à conviction trouvées près du corps gisant de Jean-Philippe Bernon. Un œuf en plastique jaune ouvert en deux, des pièces montées maladroitement tentant de faire tenir à la verticale un pingouin sur une balançoire à deux portants sur lesquels avaient été mal collés des stickers portant l’inscription « funny pingoo ». Des signes de violence trouvés sur la figurine et les embouts de plastique à emboîter traduisent l’impatience de la victime, une impatience qui l’aurait, selon la police, poussé à commettre un geste irrémédiable. Les empreintes digitales relevées sur du chocolat fondu sont celles de la victime, écartant l’hypothèse du meurtre.

A côté de l’oeuf en plastique jaune, comme pour venir définitivement entériner la thèse du suicide, une lettre explicative signée du défunt: « -Palaiseau, 13 juillet-, Alors que la France attend demain de voir défiler l’Excellence dans ses uniformes aux boutons dorés, j’ai échoué, j’ai échoué où d’autres ont réussi, je n’ai pas réussi à monter la surprise de mon Kinder. Comment, sur cette balançoire double, le pingouin peut-il équilibrer son propre poids sans vis-à-vis ? Pourquoi le constructeur du jouet n’a pas prévu de pièces contrepoids? C’est contre les règles basiques de la gravité, c’est impossible (…) »

Pour le moment, l’enquête ne remet pas en cause l’enseignement de l’X, ni les règles de sécurité qui ne sont en aucune façon responsables de la mort de l’étudiant de deuxième année. La Direction de l’établissement a toutefois décidé d’interdire dès aujourd’hui la vente et la consommation des friandises Kinder Surprise dans l’enceinte de l’Ecole sous peine d’expulsion. Des mesures qui pourraient être élargies aux meubles en kit de type IKEA BILLY.

La Rédaction

Photo: iStock/ Ekaterina79 

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