Zimbabwe : Mugabe à court de déclarations des droits de l’homme pour nettoyer les vitres de son palais

37 Publié le 10/10/2013 par La Rédaction

HARARE – Panique et affolement dans la capitale. Président depuis 25 ans, l’inoxydable Robert Mugabe serait rentré dans une colère noire qui fait trembler tout le Zimbabwe. En cause, un problème logistique plutôt insolite mais d’une gravité réelle pour les habitants de la République d’Afrique australe.

HARARE – Panique et affolement dans la capitale. Président depuis 25 ans, l’inoxydable Robert Mugabe serait rentré dans une colère noire qui fait trembler tout le Zimbabwe. En cause, un problème logistique plutôt insolite mais d’une gravité réelle pour les habitants de la République d’Afrique australe.

Beaucoup de carreaux

« On n’avait pas connu un état de tension politique aussi élevé depuis très longtemps » commente sans concession Doug Weaver, journaliste américain et correspondant au Zimbabwe pour plusieurs médias étrangers dont RFI.

La crise a débuté apparemment lundi en fin de journée. Alors que le personnel du palais national où réside Robert Mugabe œuvre à la tâche, très vite un problème se profile. Les quelques hauts fonctionnaires chargés de l’entretien du bâtiment se rendent compte qu’ils sont à court de produits d’entretien et plus particulièrement de matériaux pour frotter les vitres du palais.

Frédérick Lobengula est en charge de l’entretien global de l’édifice. Interrogé par la chaîne d’état du Zimbabwe, il témoigne : « On s’est aperçu que notre stock de déclarations universelles des droits de l’homme était complètement vide. C’est vrai qu’on en utilise une quantité astronomique tous les jours pour nettoyer les carreaux. Il faut dire qu’il y en a tellement ! »

Car Robert Mugabe, depuis son arrivée au pouvoir, a pris la luxueuse habitude de faire utiliser le fameux texte de 1948 pour assurer la transparence de ses fenêtres. C’est donc une véritable crise logistique que traverse actuellement le président récemment réélu.

Le secrétaire général du palais national, Lazarus Chombo, a annoncé des mesures d’urgence pour pallier ce problème : « Nous avons passé des commandes à toutes les imprimeries du pays pour qu’elles nous éditent au plus vite un nombre conséquent de déclarations. Et nous avons aussi fait en sorte que les imprimeurs comprennent l’urgence et la nécessité de notre demande. »

Un substitut trouvé

Dans l’immédiat, et en attendant l’arrivage des différentes imprimeries « sollicitées », l’intendance du palais présidentiel a précisé qu’elle utiliserait Zim Free News, le principal quotidien d’opposition, pour entretenir les vitres de la résidence.

L’opposition, elle, n’a pas attendu bien longtemps avant de se servir de cette affaire. Morgan Tsvangirai, l’ancien Premier ministre de Mugabe et paradoxalement chef du principal parti d’opposition, a pris la parole hier pour lancer une légère pique à l’encontre du président de 89 ans : « La direction du palais aurait pu avoir un geste plus diplomatique et plus républicain que celui-là en prenant un autre journal moins politique. Quant à cette commande de nouvelles déclarations que le palais a passée, je conseille au président de profiter de cette occasion pour relire ou lire tout court le contenu même du texte. Ça pourrait l’inspirer. »

Enfin, précision qui n’en fera pas rire certains. Suite à cette pénurie toute particulière, la direction du palais national a tenu à préciser que tout n’était pas négatif dans la gestion du lieu. Si les fenêtres devraient attendre un peu pour un traitement de qualité, en revanche, les toilettes, elles, sont toujours correctement fournies en conventions des Nations Unies contre la corruption.

 

La Rédaction

 
Illustration: WikiCommons / U.S. Navy, Jesse B. Awalt
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