« Je dis ça, je dis rien » : Dans la majorité des cas, les gens disent bien quelque chose

174 Publié le 15/10/2013 par La Rédaction

« Je dis ça, je dis rien ». Une expression que l’on a souvent entendue sur les réseaux sociaux ou dans les discussions quotidiennes. Il apparaît évident aujourd’hui qu’une grande partie des personnes affirmant cela font l’exact contraire de cette phrase, à l’instant même où ils la prononcent. Quels en sont les mécanismes ? Constance Deplanque, pour Le Gorafi, a enquêté.

Samedi soir, dans un bar de Nantes. Plusieurs amis trinquent. Soudain, l’un d’entre d’eux dit « Dépêchez vous, l’happy hour finit dans 10 minutes, je dis ça, je dis rien. ». Le lendemain, à plusieurs centaines de kilomètres de là, une jeune femme analyse le résultat de la cantonale partielle de Brignoles sur Twitter. « Je pense que le gouvernement doit prendre en compte les conséquences de ce résultat. #JDCJDR ». Dans les deux cas, ces personnes ont agi exactement à l’inverse de leurs paroles et il n’y a pourtant aucun lien entre eux. Pourquoi cette volonté d’affirmer ainsi quelque chose en effectuant l’inverse ? Linguistes et orthophonistes sont d’accord pour dire que les gens disent réellement quelque chose quand ils prétendent ne rien dire.

« Si on était résolument décidé à ne rien dire quand on le dit, il ne se passerait rien » explique Amina, une orthophoniste de Béziers qui a étudié de très près ce phénomène. « Aucun son ne serait émis, aucune idée ne serait construite. Or, là, les deux sont bien présents. » note-t-elle. « Ce que les gens disent est parfois assez important, il y a un passage d’informations. Mais en même temps, une volonté de le nier, c’est très intéressant » souligne un linguiste de Strasbourg pour qui le problème est peut-être neurologique. « Ou alors, ces gens sont simplement stupides » propose un chercheur, en conclusion.

Comment réagir face à ce genre de comportement ? « Il faut être très prudent, il peut arriver que ces personnes acceptent assez mal qu’on se permette de les reprendre » explique un expert. Pour Amina, la meilleure des attitudes reste encore de répondre par un « Je vais faire comme si je n’avais rien entendu ». Mais l’orthophoniste a alors été sévèrement reprise par ses collègues lors de la conférence de presse, ces derniers contestant la validité d’une telle formule car tout le monde avait parfaitement entendu ce qui s’était dit.

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