Ivre, il achète l’album de Keen’V

84 Publié le 13/11/2013 par La Rédaction

Il y a des lendemains de beuverie qui sont plus durs que d’autres. Et ce matin, Adrien Veyres a bien vécu le pire qui puisse être. Le jeune homme de 26 ans s’est en effet réveillé avec la désagréable surprise de retrouver chez lui un exemplaire de Ange ou Démon, le dernier album de Keen’V, le chanteur-compositeur de dancehall/reggae qui connaît un inexplicable succès depuis quelques temps.

C’est avec la bouche encore pâteuse et les yeux collés que ce web designer de Saint-Quentin dans l’Aisne a vécu l’une des expériences les plus désagréables de sa vie.

Vers 8h10 aujourd’hui, Adrien Veyres émerge d’un lourd sommeil. L’appartement où il vit semble tout à fait normal. Un peu de désordre mais rien d’inhabituel. Comme chaque matin, en prenant son petit déjeuner, il allume alors sa chaîne hifi pour écouter son CD préféré, un vieil album d’Otis Redding. Mais la tentative échoue et le drame se dévoile.

A peine le bouton de lecture enfoncé qu’Adrien entend un bruit « très désagréable » selon ses mots. Au début, il pense que l’alarme de son Opel Vectra est déréglée, mais il se rend compte en un instant que cela provient bien de sa chaîne hifi. Ce dernier vient de lancer La vie du bon côté, la première piste du dernier album de Kévin Bonnet alias Keen’V.

Face à cet incident musical, le Picard de 26 ans se saisit dans l’urgence de sa télécommande pour changer de chanson, mais le dommage sonore persiste et signe : « Je suis allé jusqu’à la 6e, Moti’V, mais à chaque fois c’était pareil. Un bruit bizarre, à la limite du Larsen. Alors j’ai débranché direct ma sono pour arrêter ça tout de suite », raconte Adrien.

Se pose alors pour lui la question : comment ce CD à l’apport qualitatif plus que douteux s’est-il retrouvé chez ce fan d’Otis Redding ? Ni une ni deux, il tente de se remémorer l’intégralité de la soirée de la veille.

Recomposer le puzzle

Mardi à 18h30, Adrien termine sa journée de travail et passe chez l’épicier pour se fournir en alcool avant de rejoindre des amis pour prendre un verre ensemble. En route vers l’appartement où il doit retrouver ses camarades, ce dernier commence par siroter un peu d’alcool. Encore un peu…Une autre bière…Et puis plus rien. Le trou noir.

Le jeune homme va reprendre conscience plus de douze heures plus tard en se réveillant chez lui où il écoute par accident et dans la douleur l’album de Keen’V sans savoir d’où provient l’objet en question. Mais un indice va venir éclairer l’angoisse d’Adrien Veyres: le CD en question, qui semble avoir été acheté mardi vers 19h27 chez un disquaire de Saint-Quentin selon les informations du ticket.

Le principal intéressé appelle alors Disc N’ Disc, la boutique dont le nom figure sur le ticket et la personne qu’il obtient au bout du fil lui confirme après quelques minutes de recherche que le fameux achat a bien été effectué. Adrien n’y croit toujours pas et implore l’employée de Disc N’ Disc de vérifier sur les caméras de sécurité qu’il s’est bien rendu en personne dans le magasin pour acheter le dernier album de Keen’V. Les enregistrements vidéo de la veille confirmeront effectivement les faits.

Alors, comment le disquaire n’a-t-il pas vu que son client était éméché au plus haut point et pourquoi ne l’a-t-il pas empêché de commettre cet achat irresponsable ? Le principal intéressé, à savoir le patron du magasin, tente de se dédouaner après ce qui ressemble fort à un acte de non-assistance à personne en danger : « Il ne présentait aucun signe d’ébriété. Il rigolait juste un peu fort mais ce n’est pas un crime d’être joyeux. De plus il est largement majeur et je n’avais donc aucun droit de lui refuser cet achat dans la mesure où il paraissait sobre. Et puis on va quand même pas imposer des éthylotests à nos clients ! »

Dans l’immédiat, Adrien Veyres a annoncé sa volonté de revendre au plus vite sur Ebay ce disque de musique acheté en état d’ivresse. Il affirme également vouloir lever le pied sur les soirées arrosées afin d’éviter de revivre ce genre d’incident : « On boit pour se détendre et s’amuser, pas pour se retrouver le lendemain avec un album de Keen’V sur les bras », nous confie t-il.

Du GHB et un album de Tal

Enfin, cette histoire ne sera pas sans rappeler au public une autre affaire qui s’est déroulée en septembre dernier. Celle de Laetitia Moreau, une étudiante de Pau qui, lors d’une sortie en boîte de nuit, avait été victime de la drogue du violeur, le GHB. Le lendemain, la victime s’était réveillée chez elle toute groggy avec l’intégralité de A l’infini, le dernier album de Tal enregistré dans son baladeur MP3.

La Rédaction

Illustration : © DR

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