Il ne rentre pas dans ses habits “The Kooples” et se voit refuser une chronique au Petit Journal

44 Publié le 03/12/2013 par La Rédaction

La discrimination professionnelle revêt parfois des visages inattendus. Martin Deslandes, 27 ans, vient d’en faire les frais. Ce diplômé en journalisme travaille depuis 3 ans au sein de la rédaction du Petit Journal de Yann Barthès sur Canal Plus. Alors que sa direction lui avait promis un poste de chroniqueur cette année, l’engagement ne semble pas avoir été tenu. La faute à un « manque de compétence » selon ses producteurs.

La discrimination professionnelle revêt parfois des visages inattendus. Martin Deslandes, 27 ans, vient d’en faire les frais. Ce diplômé en journalisme travaille depuis 3 ans au sein de la rédaction du Petit Journal de Yann Barthès sur Canal Plus. Alors que sa direction lui avait promis un poste de chroniqueur cette année, l’engagement ne semble pas avoir été tenu. La faute à un « manque de compétence » selon ses producteurs.

Un espoir douché à cause d’une chemise trop serrée

L’histoire a été rendue publique par le site d’information Rue89 auquel s’est confié le malheureux jeune homme. Dans un long article, il donne les détails de ce qu’il appelle un « délit de vêtements » :

« On était fin octobre, la saison était bien lancée. Yann Barthès et Laurent Bon qui sont les producteurs de l’émission m’ont alors convoqué pour me dire qu’ils souhaitaient faire des essais pour un nouveau format de chronique. J’étais aux anges quand ils m’ont annoncé ça, pour être honnête », raconte Martin Deslandes.

Ce dernier réfléchit alors à un nouveau concept puis, une semaine plus tard, retourne vers ses patrons et leur propose l’idée qu’il a trouvée : « C’était assez novateur. Le concept, c’était de reprendre des interviews ou des prises de parole de personnalités des médias et de faire des commentaires un peu drôles et décalés dessus », continue le principal intéressé.

Un projet de chronique qui a tout de suite séduit Yann Barthès : « On a très vite accroché avec Laurent [Bon]. C’était pêchu, vif, impertinent. Tout ce qu’on cherche dans le cadre du Petit Journal. Mais là où ça a cloché, c’est sur un tout autre point », confie l’animateur de Canal Plus.

Car alors que, fin novembre, Martin Deslandes doit tourner un pilote de sa chronique, un énorme malaise se produit en loges à quelques minutes du début du tournage : « J’étais en train de m’habiller quand la styliste m’a apporté un lot de vêtements “The Kooples”. J’ai essayé de les mettre et là je n’ai pas pu les enfiler jusqu’au bout. J’étais coincé. »

Celui qui était sur le point de faire ses premiers pas face caméra tente alors à trois reprises de rentrer dans les vêtements prêtés par la production. Inutile. La chemise et la paire de jeans en question craqueront finalement sous la pression de son corps. Effondré psychologiquement par cet échec, Martin va alors demander à la styliste un modèle identique mais une taille au dessus. Inutile également. Marine, en charge de la garde robe, lui apprend qu’il vient de craquer le modèle le plus large qu’elle possédait en réserve.

La nouvelle de ce que tous en coulisses appellent un « fucking couac » se répand alors comme une traînée de poudre jusqu’aux oreilles de Yann Barthès et de son associé Laurent Bon qui décident en urgence d’annuler le tournage du pilote : « Martin n’était pas totalement prêt, je crois. Le texte n’était finalement pas si pêchu et impertinent que ça, en fait. Mais c’est mon erreur de ne pas avoir vu les quelques problèmes dès le début », tente d’expliquer Yann Barthès, contacté par téléphone.

Mais la descente aux enfers ne s’arrête pas là pour le journaliste passé à côté d’une belle occasion : « Trois jours à peine après l’annulation du tournage, le producteur du programme (Laurent Bon) m’a à nouveau fait venir dans son bureau. Et là, il m’a expliqué que c’était la crise, que la chaîne les obligeait à se serrer la ceinture pour finalement m’annoncer que j’allais devoir quitter Bangumi (société productrice du Petit Journal). »

Derrière ce licenciement pour raisons économiques officiellement, Martin voit plutôt un terrible acte de discrimination : « Je sais et tout le monde sait que je me suis fait virer de l’émission parce que je ne suis pas arrivé à mettre mes vêtements “The Kooples” qui sont l’ADN même du Petit Journal, au-delà de la personnalité de Yann Barthès et de la ligne éditoriale. »

L’option prud’hommes

Aujourd’hui sans emploi, Martin Deslandes cherche activement un nouveau poste dans les médias, de préférence hors télévision. Une quête difficile alors que la saison a débuté depuis un moment déjà et que le marché reste saturé.

Mais l’ancien membre du Petit Journal n’exclut pas d’attaquer aux prud’hommes ses anciens employeurs pour discrimination et licenciement abusif. Si la procédure devrait prendre plusieurs mois, le jeune journaliste possède tout de même des chances de remporter cette bataille. En 2011, Cyril Tessier, l’assistant de Jean-Marc Morandini à la radio sur Europe 1, obtenait gain de cause contre son ancien patron. Un an plus tôt, le jeune homme de 19 ans s’était vu remercier sans ménagement après avoir refusé de procéder à un blanchiment dentaire. A l’époque, l’animateur d’Europe 1 avait justifié sa décision en parlant d’un comportement « insolent et anti-radiophonique ».

La Rédaction

Illustration : iStock / drbimages

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