« Nos téléspectateurs méritent les meilleurs gros plans de larmes des victimes » par Alain Weill, président de BFMTV

75 Publié le 27/03/2015 par La Rédaction

Alain Weill est président directeur général de Next radioTv, groupe actionnaire majoritaire de BFMTV

Alain Weill est président directeur général de Next radioTv, groupe actionnaire majoritaire de BFMTV

Je prends la plume pour vous faire part de ma stupéfaction et de ma colère.

Hier, alors que les premières familles des victimes du crash Germanwings arrivaient sur le site de la Seyne, nous avons été, avec d’autres médias, tenus à l’écart.. De fait nous n’avons pas pu enregistrer la moindre petite larme qui coule le long d’une joue, un reniflement, un soupir de tristesse.

Nous avons été tenus à l’écart et dans l’incapacité de réaliser notre travail.

En lieu de ça, nos téléspectateurs n’ont eu droit qu’à des ballets incessants de bus, de manière tout à fait sécurisée puisque hélas, aucun incident n’a pu être ainsi filmé par nos caméras. Mais il faut admettre qu’un bus ce n’est pas très impressionnant et les vitres teintées du bus nous empêchaient de voir les larmes des proches des victimes.

Nos équipes n’ont même pas pu se rendre sur les lieux du crash, pour filmer et montrer les débris et les corps éparpillés. Nous avons dû nous contenter de métaphores très floues comme « des restes humains gros comme une petite voiture ».

Nos téléspectateurs méritent plus que ça. C’est pour cela que nous demandons un accès complet aux bus des familles des victimes pour réaliser nos interviews et filmer les larmes tandis qu’elles parleront des personnes qu’elles ont perdues.

De même, nous aimerions amener ces familles sur le site pour les filmer tandis qu’elles participent aux recherches. Quelle superbe séquence de télévision si l’un des proches retrouvait un morceau d’un des passagers, une boucle d’oreille, une bague ! Et imaginez si en plus elles avaient dû se battre avec les meutes de loups aperçues non loin, attirées par l’odeur du sang et des cadavres déchiquetés ! Quelles superbe séquence ! Quel titre en ouverture du journal « Les familles des victimes se battent à main nue contre des loups affamés pour protéger le site du crash ». !  C’est ça que veulent les téléspectateurs aujourd’hui ! Personne ne peut lutter contre ça !

Vous comprendrez pourquoi je demande, à moi et mes équipes, l’accès libre et illimité au site du crash.

Alain Weill
président directeur général de Next radioTv, groupe actionnaire majoritaire de BFMTV

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