Facebook : les personnes n’ayant pas mis de filtre bleu-blanc-rouge sur leur photo de profil seront fichées S

340 Publié le 25/11/2015 par La Rédaction

Dans le tumulte de l’état d’urgence et le tombereau actuel de circulaires, décrets et autres perquisitions administratives, une mesure est passée relativement inaperçue. Reportage.

 

Elle concerne pourtant tous les utilisateurs de Facebook en France qui, n’ayant pas apposé de filtre tricolore sur leur photo de profil au lendemain des attentats, pourront être fichés S.7 pour « comportement anti-social » et « déviance conspirationniste » par les services de renseignements.

Au total, ce n’est pas moins de 22 millions d’usagers (sur les 30 que compte le réseau social dans l’Hexagone) qui devraient ainsi être « flaggés » par la DGSI et surveillés afin de s’assurer de leur probité et de leur patriotisme.

Un manquement au devoir civique qui fait douter de leur amour de la France

Jean-Marc Falcone, directeur général de la police nationale (DGPN), est convaincu du bien-fondé de cette décision : « Nous savons que les terroristes étaient pour la plupart jeunes, Français et utilisaient Facebook », martèle-t-il. « Il est donc normal que nous surveillions désormais tous les jeunes, Français, et utilisant Facebook afin d’éviter qu’un tel drame se reproduise ».

Même son de cloche place Beauvau, où l’on explique que cette mesure répond tout autant à un sentiment d’insécurité exprimé par les personnes ayant, elles, choisi de mettre le filtre en question : « la plupart sont choquées que leurs ‘contacts’ aient refusé cette belle preuve de solidarité », explique un directeur de cabinet, la main sur le cœur. « Beaucoup se sentent maintenant menacées par ces individus qui ont manqué à un devoir civique élémentaire, laissant planer un sérieux doute sur leur attachement à la France et à ses valeurs ».

Preuve supplémentaire de l’élan de solidarité mondiale dont la France a récemment été l’objet, l’UE a également proposé la création d’un fichier centralisé de tous les citoyens européens n’ayant posté aucun statut ou photo de Paris dans les jours suivants les attentats.

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