« Madame Bovary ? Un de mes 228 livres préférés » par cet ami Facebook « qui ne regarde jamais la télé »

70 Publié le 07/12/2016 par La Rédaction
DragonImages

Les avis de votre ami Facebook Sylvain sont souvent précieux. Bien qu’il ne dise se passionner que pour la grande littérature, les films des années 50 ou la phénoménologie, il trouve toujours le temps de commenter vos publications. Surtout lorsque celles-ci concernent Madame Bovary.

 

« Madame Bovary ? Un de mes 228 livres préférés. C’est sans doute le roman qui décrit le mieux les ravages de l’ennui, ce « fruit de la morne incuriosité » dont parlait Baudelaire, ce « pourrissement de l’attente » selon Maurice Blanchot. L’ennui au sens schopenauerien du terme, qui rappelle que l’homme ne peut s’y soustraire qu’en risquant de s’abandonner à sa seule alternative : la souffrance. Car vivre dans ce monde, c’est accepter qu’on ne peut que « multiplier son ennui par celui des autres » comme le disait Jules Renard. Comment ça va toi au fait ? ça te dirait de boire un verre un de ces quatre ? »

« Bien sûr, Madame Bovary, c’est aussi la multiplication des points de vue, une façon pour Flaubert de rappeler avec une ironie discrète mais omniprésente à quel point, pour chacun d’entre nous, l’évènement objectif est aussitôt effacé par la réception subjective qui en est faite. Ah, attends y’a Karim qui m’envoie un texto, j’lui réponds… voilà c’est bon, il te passe le bonjour. A quel point, disais-je, nous avons tôt fait de fouler aux pieds les messages que nous transmet le monde par notre égoïsme. Egoïsme indispensable à notre survie, car sans son appui, « l’animal humain ne se serait jamais développé » comme le rappelle Blaise Cendrars, ajoutant « L’égoïsme est la liane après laquelle se sont hissés les hommes hors des marais croupissants pour sortir de la jungle ». T’es ok si on fait un cadeau commun pour l’anniv’ de Marion ? Si oui, réponds-moi en MP. A plus. »

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