Société
Privés de smartphone à l’école, les enfants obligés de se harceler « à l’ancienne »
Depuis l’interdiction des smartphones dans plusieurs écoles, les méthodes traditionnelles de harcèlement font leur retour.

Au lycée Joséphine Baker de Sablé-sur-Sarthe comme dans de nombreux établissements en France, les élèves n’ont plus accès à leur téléphone portable pendant les heures de cours. « Avant, les élèves se harcelaient toute la journée via Snapchat ou TikTok. Maintenant, ils sont obligés d’attendre la récréation », se félicite Jean-Yves Klein, le proviseur du lycée visiblement satisfait par ces progrès.
Une décision qui perturbe néanmoins certains élèves, habitués au confort du cyberharcèlement moderne. « Hier j’ai voulu créer un groupe Whatsapp pour me moquer de Lucas mais j’ai dû attendre la récré pour le traiter de fils de frotteur, c’était très gênant », commente Théo, encore sous le choc. Même combat pour Emma, qui a dû imprimer un montage photo d’une camarade représentant sa tête sur un corps de vache pour le lui montrer en personne. « L’effet n’est pas le même », se désole la lycéenne.
Les professeurs du lycée notent également un retour en force des petits papiers pliés en 4 sur lesquels est écrit « Julien sent l’égoût » ou « Ta mère chausse du 2 ». Un retour aux techniques ancestrales que certains trouvent attendrissant, comme M. Padowski : « De mon temps on n’avait pas TikTok et compagnie, on enfermait les moches dans les toilettes et on faisait tomber le plateau repas des gros à la cantine », se souvient le professeur de chimie avec une lueur de nostalgie dans le regard.
La prochaine étape de ce dispositif anti-harcèlement initié par le gouvernement, qui consiste à interdire aux élèves de se parler, s’écrire et se regarder, entrera en vigueur dès le 1er septembre 2027.
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