Loisirs
Vivre après un clip de ragga dancehall : les méthodes qui fonctionnent pour se reconstruire
Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, ils seraient plus de 120 000 à ressentir de la souffrance psychologique après le visionnage d’un clip de raggae dancehall ou plus communément appelé raggamuffin. Une souffrance qui rend le quotidien de ces personnes invivable. Mais des solutions existent. Médicaments ou thérapies sur le long terme, les psychiatres ont des approches diverses en la matière.

Le docteur Danielle Meyrieux reçoit depuis maintenant bientôt 25 ans ce qu’elle appelle « les écorchés de ragga dancehall ». Des hommes, des femmes, mais aussi des enfants qui, un jour, ont eu la malchance de tomber sur un clip articulant des images sur fond de musique jamaïcaine. « Ce sont des personnes détruites dans leur âme que j’accueille au cabinet » lance-t-elle d’emblée.
Cauchemars, crises d’angoisse, spasmes violents parfois, et même incontinence urinaire dans les pires cas, les symptômes d’un traumatisme post-clip de ragga dancehall sont aussi divers qu’handicapants pour la vie de tous les jours. « Une fois j’ai même reçu un patient qui avait perdu 27 kilos parce qu’il n’ arrivait plus à se nourrir après avoir vu un clip de Nuttea. » raconte Mme Meyrieux.
Mais quelle est la cause de tels traumatismes ? Là, il faut semble t-il parler de causes au pluriel selon la psychiatre : « Toutes ces victimes de ragga se retrouvent violées dans leur identité car elles voient à un rythme effréné et sur un temps très court une quantité astronomique de jeunes gens qui roulent en quad, font des figures à moto, font du twerk en s’appuyant sur une voiture. Sans même parler des gros plans mal cadrés sur les visages ou sur des mains qui tiennent plusieurs cartes de crédit »
La patience, clé de la guérison
Des images terribles aux conséquences désastreuses. Mais ce n’est pas une fatalité. La sortie du trou est possible mais elle nécessite avant tout de la patience : « Il y a de très bons médicaments comme le Déragga 2000 à prendre en gouttes sur une période de 4 ans. Ensuite il y a des thérapies basées sur le travail des sens. On fait voir sur grand écran aux patients des images de prairies, d’oiseaux qui volent, pendant des séances de 13 à 17 heures en fonction du degré de traumatisme. Quoi qu’il en soit, on ne peut retrouver un psychisme normal du jour au lendemain après un clip de ragga. Il faut s’accrocher et ne pas perdre espoir » nous explique le docteur Danielle Meyrieux.
La Rédaction
Photo: Capture d’écran Google
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