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Au delà du Périphérique

Il emporte un livre pour lire à la plage et passe finalement quatre heures à juger le corps des autres

Nouvel échec pour Matthieu, qui ne connaîtra pas le dénouement de Guerre et Paix cet été encore.

Publié le

 mar 

© Crédit photo : Pexels

Déterminé à venir à bout du chef d’œuvre de Tolstoï, Matthieu s’est vite rendu à l’évidence après avoir lu sept fois la même phrase sans la comprendre. « J’emporte ce livre à la plage depuis 2009 et je n’ai jamais dépassé la page 14 », nous confie ce quadragénaire Grenoblois, qui a déjà mis 25 minutes à trouver une position confortable, 8 minutes à retrouver ses lunettes et 10 minutes à retirer les grains de sable collés sur son beignet au chocolat.

Après sept minutes de lecture fastidieuse, son regard est rapidement attiré par le slip de bain de son voisin de serviette qu’il trouve original, en plus d’être très laid. « Et là, tout s’enchaîne : je juge sa petite surcharge pondérale, sa rose tatouée sur l’épaule, et je sais que c’est fini », se désole Matthieu. Il sait que son après-midi sera consacré à juger les cicatrices, les poignées d’amour et la pilosité des baigneurs, « toujours avec bienveillance et respect », assure-t-il.

Lui-même avoue ne pas être parfait : « J’ai une petite calvitie due à une carence en fer depuis 2008 et j’ai quelques poignées d’amour depuis que j’ai arrêté le sport après le lycée », des caractéristiques qui ne l’empêche pas selon lui d’avoir un avis et de se demander ce que cet homme qui joue au beach volley a de mieux que lui à part une chevelure d’ébène, des muscles parfaitement dessinés, un sourire ravageur et environ vingt ans de moins.

Tout de même satisfait de sa journée, Matthieu reviendra dès demain et il réussira, il l’espère, à venir à bout de son livre de l’été.

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