Société
Sur son lit de mort, il réalise qu’il a oublié d’effacer son historique internet
C’est un de ces faits divers que seule notre époque ultra-connectée pouvait engendrer. Un patient de l’hôpital Bichat, à Paris, a vu ses derniers instants gâchés en réalisant qu’il laissait derrière lui un historique de navigation lourdement chargé.

Quentin Tsara, 52 ans, avait été admis au service d’oncologie il y a près de 4 mois déjà, pour un cancer avancé de la prostate que sa famille avait eu le plus grand mal à expliquer. « Lui qui prenait tant soin de ces parties-là, ce fut à n’y rien comprendre », confie Constant, son cousin culturiste. Néanmoins tout à fait conscient de l’échéance, Quentin profite de ces quelques mois pour mettre ses affaires en ordre avant le grand départ : vendre la Laguna, terminer l’intégrale de NCIS en blu-ray, déshériter Alexandre son fils homosexuel…
Accaparé par toutes ces tâches pénibles mais nécessaires, il en oublie pourtant la plus importante : effacer son historique de navigation. Un comble pour cet internaute assidu, dont le débit moyen représente pas moins de 13,8 Go par jour. Lorsqu’il prend conscience de l’oubli, il est déjà trop tard et une panique que les plus puissants sédatifs ne peuvent apaiser prend aussitôt le dessus.
« L’historique, les cookies, les vidéos, efface tout… »
Et pour cause, la lecture de ces données éclaire d’un jour terriblement nouveau la personnalité de ce père de famille apparemment sans histoire : au-delà de contenus pornographiques en proportions abyssales (« mais qui cela choque-t-il encore ? », sanglote Morgane, sa fille aînée), apparaît en filigrane un homme fasciné par Michel Drucker, les zaps de Spion et la musique de Sheryfa Luna. Mais il en ressort surtout une obsession « quasi pathologique » pour les pandas roux, dissimulée non sans peine depuis 20 ans.
C’est donc chargé de ce lourd bagage qu’une infirmière le découvre ce 18 juillet, dans un état d’agitation tel qu’elle fait immédiatement venir la famille. La tribu Tsara est au grand complet à son chevet lorsque Quentin tend fébrilement la main vers Diego, son fils de 17 ans. « Approche », lui murmure-t-il le souffle court. « Vu ton âge et les photos que j’ai trouvées sur ton ordinateur, je sais que tu comprendras : efface tout. L’historique, les cookies, les vidéos, tout… ».
Cette dernière volonté ne sera pourtant que de peu d’utilité. Le patriarche ignore en effet qu’un avertissement Hadopi, reçu suite au téléchargement de la filmographie complète de Virginie Efira, a achevé de mettre la puce à l’oreille de sa femme Camille. « Je suppose qu’il craignait que ses perversions ne salissent le souvenir qu’il laisse de lui – et il a bien raison », siffle-t-elle. « Les pandas roux, je ne lui pardonnerai jamais ».
La Rédaction
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