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Au delà du Périphérique

De retour dans sa ville natale, elle est triste de voir que tous les SDF ont été changés

Le Havre – Caroline, 27 ans, a été sujette à un immense spleen après avoir découvert que tous les sans-abris de son quartier d’enfance avaient été remplacés.

Publié le

 mar 


C’est le vague à l’âme que Caroline C., 27 ans, arpente les rues havraises de son enfance. Entre les nouveaux projets immobiliers, une boutique prêt-à-manger qui a remplacé une épicerie ou encore une majestueuse fontaine remplacée par un skatepark, Caroline avoue ne plus vraiment s’y retrouver tant tout a tellement changé. “À mon époque, il y avait un sans-abri assis sous ce réverbère. Il s’appelait Dédé. Il sentait la vinasse, le thon en boîte et il passait ses journées à insulter les pigeons en crachant sur ses genoux. Maintenant, il a été remplacé par cette famille de 4 personnes roulées dans des couvertures” raconte-t-elle, visiblement perturbée, en tournant dans une autre rue. “Ici pareil. Quand j’allais à l’école le matin, je croisais toujours Boris, un « crackhead » défoncé au liquide lave-glace, qui nous menaçait moi et ma sœur avec un opinel. Aujourd’hui, plus personne. Ça fait vraiment bizarre. C’est comme si une partie de mon enfance avait été enlevée” poursuit-elle avant de s’asseoir sur un banc à côté de Wilfried, un nouveau sans-abri, puis d’éclater en sanglots. 

Au total, ce sont près de 600 sans-abris qui ont été renouvelés dans la ville entre 2022 et 2025. Une modification du paysage urbain qui est loin de faire l’unanimité. “Avec ces nouveaux SDF qui fleurissent un peu partout, c’est toute l’âme de notre ville qui s’étiole”? regrette Catherine, 54 ans. “J’ai embrassé pour la première fois ma compagne de l’époque à côté de Pipo, un clochard alcoolique et violent situé près de l’Interflora. Maintenant qu’il a été remplacé par une jeune mendiante polie et amicale, c’est tous mes souvenirs qui ont été jetés à la poubelle”? commente non sans amertume Loris, 29 ans. 

Une politique de modernisation de la pauvreté qu’Édouard Philippe dit “assumer totalement”. “Nous avons travaillé dur pour conserver les mêmes SDF pendant des années mais aujourd’hui les temps changent. Il était indispensable de repenser nos pauvres en profondeur pour faire correspondre ces personnes sans avenir aux enjeux de demain.” explique-t-il avant d’expliquer qu’un appel d’offreS avait été lancé pour recruter “des profils de misère plus dynamiques” et “davantage en adéquation avec les attentes du territoire”.

Crédits photos : Anastasiya Lobanovskaya via Pexels.

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