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La Bretagne déchirée par la multiplication des derbys bretons en ligue 1

Le pays breton paye au prix fort son amour du ballon rond. La région qui compte quatre clubs dans l’élite du football français se retrouve plus que jamais déchirée, conséquence des nombreux derbys qui divisent ses habitants. Reportage.

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Le pays breton paye au prix fort son amour du ballon rond. La région qui compte quatre clubs dans l’élite du football français se retrouve plus que jamais déchirée, conséquence des nombreux derbys qui divisent ses habitants. Reportage.

Une famille comme les autres

Dans la famille Le Quennec, il y a un sujet qu’il vaut mieux éviter d’aborder à table : le football. En effet, la famille installée à Rennes compte quatre membres soutenant un club breton différent. Loic, le père de famille a rencontré sa femme Gaëlle il y a 22 ans lors d’un derby très arrosé qui opposait le Stade Rennais au FC Lorient. « Ça n’a pas été facile au début, on a dû cacher dans un premier temps notre relation à nos proches et nos familles. Les deux clubs étaient en seconde division à l’époque, ça ne serait pas possible aujourd’hui » raconte Loic.

Le couple nous présente ses deux enfants : Nolwen, 15 ans, qui supporte le FC Nantes et le petit dernier Erwan, 11 ans, qui lui est un fan inconditionnel de l’En Avant Guingamp. « J’ai beau lui répéter que Nantes n’est pas un club breton, elle ne veut rien savoir » explique Loic en parlant de sa fille. « Et quant à Erwan, alors là je n’ai pas d’explication, j’ai dû rater une étape dans son éducation, je ne comprends pas » s’émeut le père de famille soutenu par sa femme qui ajoute « C’est un peu dur d’aborder ce sujet avec mon mari, mieux vaut ne pas trop remuer le couteau dans la plaie ».

Les nouveaux Balkans

« C’est un combat qui devient de plus en plus difficile au quotidien » nous confie Loic en nous montrant son salon tapissé aux couleurs des quatre clubs bretons. « Mais on arrive à un stade où les divisions commencent à vraiment peser. Je connais des familles qui n’ont pas tenu le coup et qui ont explosé, des amis de toujours qui ne s’adressent plus la parole à l’approche d’un match couperet. J’ai même un collègue qui vient de perdre son emploi à la mairie de Rennes après que la direction a découvert son amour pour le FC Nantes ».

L’unité préservée de la famille Le Quennec pourrait passer comme un exemple dans le paysage breton, mais sa situation l’illustre surtout parfaitement de l’état de balkanisation qui sévit en Bretagne aujourd’hui. En effet, les douze derbys qui font se rencontrer les clubs bretons dans le championnat de France accentuent toujours plus les tensions et pourraient même selon certains spécialistes remettre en question l’unité de la Bretagne. « On espère que le tirage au sort des coupes nationales nous épargnera de nouveaux sujets de dispute. Aujourd’hui l’unité familiale ne tient plus qu’à un fil . Notre troisième enfant ne nous parle plus depuis que le Stade Brestois est descendu en Ligue 2 la saison dernière » confesse Gaëlle tandis que son mari fond en larme en quittant la pièce.

La Rédaction

Photo: iStock / saintho 

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