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Guantanamo : les soirées karaoké peinent à trouver leur public

Les locataires de la fameuse prison n’auraient-ils pas l’humeur à la fête ? A en croire un article du Wall Street Journal paru ce matin, ce serait bien le cas. Quelques surveillants et la quasi-totalité des prisonniers du centre bouderaient pour ainsi dire les animations proposées par l’administration du camp.

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Les locataires de la fameuse prison n’auraient-ils pas l’humeur à la fête ? A en croire un article du Wall Street Journal paru ce matin, ce serait bien le cas. Quelques surveillants et la quasi-totalité des prisonniers du centre bouderaient pour ainsi dire les animations proposées par l’administration du camp. Mauvaise volonté des uns ou hypocrisie de la direction de la prison ? La polémique fait déjà rage.

Un emploi du temps mal planifié

Sur les quelque 160 détenus de Guantanamo, situé au sud-est de l’île de Cuba, pas moins de 160 ne peuvent ou ne veulent pas participer aux soirées karaoké organisées par la prison : « Sur les neuf dernières années, on ne compte que trois participants aux soirées karaoké du jeudi soir et ces inscrits sont tous issus du personnel pénitentiaire », explique le Wall Street Journal.

Alors pourquoi une telle désertion des micros et des classiques de la variété ? Pour le journal américain, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte : « D’abord, le fait que tous les détenus soient fermement maintenus dans leurs cellules et aient interdiction de se rendre ailleurs que dans le hangar brûlant où ils sont interrogés. »

Deuxièmement, la sélection des tubes faite dans le cadre de ce karaoké ne fait aucune place aux classiques de la culture musicale irakienne ou afghane. « Ce qui n’incite pas les prisonniers, pour la plupart originaires de ces régions, à pousser la chansonnette », tente de décrypter l’article du média transatlantique.

Enfin, troisième et dernier point : l’état de forme des prisonniers. A ce sujet, le Wall Street Journal écrit : « Les soirées karaoké se déroulent le jeudi soir de 21h à 23h. Soit juste après la séance hebdomadaire d’interrogatoire poussé qui se tient de 6h00 à 20h30. Les détenus sont donc épuisés et n’ont pas vraiment envie d’enchaîner avec une série de tubes d’ABBA ou Queen. »

Remplacer la chanson par la peinture

Pour insuffler un peu de vie aux soirées du camp tout en offrant aux prisonniers une chance de se détendre, la direction de Guantanamo réfléchit donc à un changement de programme dans les activités du jeudi, comme l’explique Larry Ryley, le directeur de la base : « Nous pensons mettre à la place du karaoké des séances de peinture au crayon. Pour cela, nous allons devoir d’abord vérifier si les doigts des détenus sont en mesure de participer à ces séances. Nous avons donc peur que ce changement ne rencontre pas un succès immédiat mais nous souhaitons laisser à ces ateliers peinture la chance de s’installer. »

La Rédaction

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