Insolite – Il traverse la Méditerranée au péril de sa vie pour rembourser la dette européenne

61 Publié le 16/02/2015 par La Rédaction

LAMPEDUSA – Parti d’un petit village du Tchad, ce jeune homme a traversé mille dangers pour réussir son pari. Un pari qui est celui de pouvoir, comme n’importe quel citoyen européen, contribuer progressivement au remboursement de la dette et mettre fin au règne de l’austérité. Reportage.

LAMPEDUSA – Parti d’un petit village du Tchad, ce jeune homme a traversé mille dangers pour réussir son pari. Un pari qui est celui de pouvoir, comme n’importe quel citoyen européen, contribuer progressivement au remboursement de la dette et mettre fin au règne de l’austérité. Reportage.

Djimoun a 16 ans et déjà beaucoup de projets. Ce jeune homme, orphelin, n’avait qu’une idée en tête. Participer au remboursement de la dette européenne. « Tous les jours dans mon village, j’entendais parler de ces pauvres Blancs européens qui se battent tous les jours contre la dette et l’austérité » raconte-t-il, tremblant de froid, vomissant de l’eau de mer, encore enveloppé dans les couvertures de survie des garde-côtes italiens. « Aussi j’ai décidé d’agir, de ne pas les laisser seuls face à cela. Plus nous serons nombreux à travailler, plus vite la dette sera remboursée ». Un projet qui va alors séduire plusieurs dizaines d’autres personnes de son village.

Ensemble, ils se mettent en route vers la côte et, sur le chemin, rencontrent des centaines d’autres, tous très motivés par l’idée de rembourser la dette. À la question, pourquoi un tel engagement, le jeune homme qui a passé la nuit dans l’eau, dans des creux de cinq à six mètres, répond. « Je ne pouvais pas rester les bras croisés chez moi. L’austérité, cela se passe sous nos yeux, à peine à deux ou trois heures d’avion. ». Un sentiment de révolte face à l’injustice qui va aussi l’animer et lui permettre d’être parmi les dix rescapés sur la centaine de passagers qui avaient pris place à bord du petit bateau de pêche.

À peine débarqué, Djimoun s’est mis au travail et espère maintenant être régularisé. « J’attends avec impatience ma première feuille d’impôt. Et il y en aura d’autres. » souligne-t-il. Sur le prix à payer, il reste inflexible. «Oui c’est dangereux et il y a des milliers de morts chaque année, mais si nous, nous abandonnons, qui viendra vous aider à vous en sortir ?» conclut-il.

La Rédaction

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