« Ni purée ni lentilles » : ces Français qui refusent de se voir imposer un choix

72 Publié le 04/05/2017 par La Rédaction
© istock / karamba70 / milanfoto

Alors que deux tiers des Insoumis ont récemment officialisé leur refus de choisir entre Macron et Le Pen, le phénomène du « ni-ni » semble aujourd’hui s’imposer jusque dans le quotidien et l’intimité des Français. Reportage.

 

Le « ni-ni » a le vent en poupe. Choix du film, du restaurant, de la couleur du vêtement, du prénom du bébé et plus encore : depuis quelques temps, un nombre grandissant de nos concitoyens revendique son droit à ne pas trancher entre deux options insatisfaisantes. Simple effet de mode ou tendance durable, cet engouement pour la radicalité mélenchoniste donne lieu à des situations parfois cocasses, souvent insolubles, toujours frustrantes.

Car les témoignages affluent : c’est le clàsico tant attendu d’une bande d’amis, ruiné par le « ni PSG ni OM » rageur de ce fan des Girondins qui vient débrancher la télé. Ou le « ni slip ni caleçon » entêté de ce mari, campé nu dans la salle de bains, alors que tout le monde l’attend dans la voiture pour partir à Bayonne. Ou encore le « ni avec elle ni sans elle » de l’amant indécis, qui aimerait le beurre, l’argent du beurre et les miches de la crémière.

Chips fascistes ou cacahuètes ultra-libérales

Pour les pinailleurs de la gastronomie, ce phénomène est du pain bénit qui permet de bloquer des repas entiers. Du « ni purée ni lentilles » des jeunes enfants au « ni sucres ni gluten » des trentenaires, ils sont des millions chaque jour, à table, à refuser de prendre leurs responsabilités.

Pour Raquel Garrido, il s’agit au contraire de « cesser de se livrer à la farce du libre-arbitre ». La porte-parole de Jean-Luc Mélenchon illustre le « ni-ni » en prenant l’exemple de l’apéro : « les Insoumis refusent d’avoir systématiquement à choisir entre les mêmes figures surannées », assène-t-elle. « Les chips fascistes ou les cacahuètes ultra-libérales, les olives démago ou les bretzels du système, les Tuc intégristes ou les Curly technocrates… Il faut renverser cet ancien régime ! ».

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