Faute de moyens, l’infanterie française s’entraînera désormais au Laser Game de Villeneuve-d’Ascq

52 Publié le 18/07/2017 par La Rédaction
© Mordolff

Alors que la relation entre le président de la République et le chef d’état-major des armées s’achemine vers une rupture hollywoodienne, les armées pâtissent d’ores et déjà d’une baisse significative de leur budget. L’armée de terre, la plus durement touchée, doit maintenant rivaliser d’ingéniosité.

 

Les hommes du 41e régiment de transmissions (41e RT, basé à Douai), ont accueilli la nouvelle avec circonspection – au mieux. Une poignée d’exaltés, capables de s’exciter de la même manière pour une finale de l’Euro que pour des frites à la cantine, s’est certes réjouie du changement. Mais, globalement, l’annonce passe mal. À compter de janvier prochain, les 900 hommes du « 41 » renonceront à l’ensemble de leurs infrastructures – dont 3 polygones de tir – revendues au groupe Bolloré qui compte s’en servir pour former ses cadres au licenciement de salariés en milieu hostile.

En lieu et place des terrains et bâtiments, le régiment s’est vu offrir par l’état-major un forfait annuel au « Laser Game » de Villeneuve-d’Ascq, à 35mn de là en véhicule de transport de troupes (« Compter plutôt 1h si on continue à devoir les rafistoler avec des pièces de Xantia », glisse un adjudant).
Pris entre le marteau et l’enclume, le chef du corps du 41 s’efforce de vanter la qualité de ce lieu réputé dans toute la région : 4 niveaux, machines à fumée, lumière UV qui révèle les pellicules, et même possibilité de diffuser sa propre playlist sur haut-parleurs. Mais rien n’y fait.

L’armée de l’air bientôt formée sur PlayStation

Frédéric, jeune engagé de 19 ans, l’explique sans détour : « Si je voulais m’amuser à faire piou-piou entre 2 roulades, j’organiserais un EVG. Au moins après y’aurait du karting, aussi ». Mais, plus qu’une frustration pour les hommes, c’est d’abord et surtout la préparation de nos soldats qui est en jeu.
« Il ne vous aura pas échappé que Daech, les Talibans et les terroristes en général utilisent de vraies armes, eux », analyse froidement un capitaine. « Or, un impact de kalachnikov dans l’abdomen, ça fait un peu plus mal qu’une simple vibration dans le plastron ».

Ce que craint l’officier, c’est l’émoussement des réflexes de ses hommes, déconnectés des réalités du combat. « On en voit déjà certains qui se promènent à découvert, en marchant, sandwich à la main ».
Tancée dans les médias, la ministre des Armées s’est défendue en rappelant la nature expérimentale du dispositif, et que l’armée de terre ne serait pas la seule à se serrer la ceinture. Les officiers navigants de l’armée de l’air devraient en effet subir eux aussi une rétrogradation de leur instruction initiale, « et seront désormais formés sur « Ace Combat 3 », jeu d’arcade sorti en 1999 sur PlayStation ».

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