Macron prêt à remplacer la Ve République par France SA®, société par actions cotée en bourse

117 Publié le 05/05/2017 par La Rédaction

La proposition ne figurait pas au programme du candidat et promet de faire couler beaucoup d’encre : finie la République de 1958, place à « une entité plus efficiente et rationalisée ».

 

Alors que la victoire se précise pour le mirifique candidat du centre-droite-gauche-milieu, son projet et sa personnalité se dessinent d’autant en filigrane. Deux jours à peine après la gabegie à laquelle il s’est livré dimanche soir à la Rotonde – véritable Fouquet’s de la classe moyenne avec des plats à 28€ – Emmanuel Macron est apparu mardi devant les journalistes dans ses atours de laquais du grand capital, muni d’une proposition choc : transformer le pays en entreprise, au sens propre.

Ainsi, à l’inverse de ce que dicte l’étiquette dans les transports en commun, « la vieille dame fatiguée » qu’est la Ve République va devoir céder son strapontin de l’Histoire à France SA®, « ma VIe République à moi : une entreprise connectée, novatrice et dynamique ». Exit également le décorum et les symboles de la France de papa : le triptyque « liberté, égalité, fraternité » sera remplacé par « synergies, optimisation, flexibilité », le bonnet phrygien par un casque de chantier et les rameaux de chêne et d’olivier par des câbles Ethernet. Le buste de Marianne ? S’y substituera le portrait de l’industrielle/entrepreneuse/start-upeuse la plus efficiente de l’année, « façon meilleure employée du mois » souligne Faustine Malandé, la subjuguante directrice de campagne adjointe.

Un conseil d’administration se substituera au Parlement dès l’automne

France SA® prendra la forme d’une société par actions, cotée sur les principales places boursières mondiales. Renonçant au titre « suranné » de président de la République, Emmanuel Macron en sera le PDG et actionnaire majoritaire. Pour l’épauler dans sa tâche, un conseil d’administration remplacera le Parlement dès l’automne, chargé notamment des relations entre le gouvernement et les actionnaires de cette nouvelle entité. Une refonte des relations diplomatiques est également prévue : les ambassadeurs en poste « dans les pays nuls, genre le Ghana ou les Fidji » seront repositionnés auprès d’ « acteurs plus pertinents comme Total ou Monsanto ».

Cette réforme en profondeur ne fait naturellement pas l’unanimité : si Wall Street et la City ont célébré l’annonce par une ouverture en hausse de 177% et une offrande de 80 kilos de cocaïne pure au dieu Dollar, le candidat déçu Jean-Luc Mélenchon a en revanche perdu son sang-froid ce matin au micro de France Inter : dans un flot de paroles hurlé à 155 décibels, soit le niveau d’un avion de chasse, seuls pouvaient être discernés les termes « argent », « système », « forces occultes » et « pourceau capitaliste ». Évacué en civière et camisole, le leader de la France insoumise n’a, de fait, toujours pas donné de consigne de vote.

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