Après un an de campagne présidentielle, un journaliste retrouve enfin sa famille

20 Publié le 11/05/2017 par La Rédaction
© Geber86

Dimanche dernier s’est enfin achevée la campagne présidentielle et, avec elle, un an de calvaire pour les journalistes mobilisés qui ont enfin pu retrouver les leurs et leur foyer. C’est le cas de Dudley Stevens, reporter pigiste pour un journal indépendant. Récit.

 

Les retrouvailles ont eu lieu lundi matin aux aurores, après une longue nuit à chroniquer la victoire d’Emmanuel Macron sous 54 angles et avec 63 accroches différentes. « On savait que c’était la dernière ligne droite mais c’était aussi la plus dangereuse », raconte Dudley. « J’ai perdu beaucoup d’amis cette nuit là, notamment Bucks qui planchait sur une liste de gifs sur la défaite de Le Pen. Au 5ème son cœur a lâché. Bucks, si jeune et si près du but… »

Quelques heures plus tard, Dudley quitte enfin la salle de conférence où il était affecté depuis bientôt un an et hèle un taxi sans prévenir sa famille « pour leur faire la surprise ». « Ça faisait plusieurs mois que je ne recevais plus de leurs nouvelles. Plus personne n’avait de batterie dans les locaux à force de tweeter et de passer des coups de fil au Canard Enchaîné. Je me demandais s’ils pensaient encore à moi, si Jess’ avait refait sa vie. C’est en la voyant sur le porche avec ma petite fille que j’ai su que c’était vraiment fini », raconte-t-il avant d’exploser en sanglots dans nos bras.

Depuis trois jours, Dudley essaie de reconstruire sa vie en famille, loin de la salle de rédaction et des scandales qui ont rythmé sa vie pendant une longue année. « On passe du temps ensemble, on fait du taekwondo, des balades en forêt. Mais ce n’est pas facile tous les jours : je repense souvent aux jeux de mots nuls qu’on a publiés, à tous les articles d’autres médias qu’on a dû recopier. La nuit, les visages des politiques qu’on a fait tomber et les menaces de François Fillon me hantent encore. »

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20 avis éclairés

75

01010 13/05/2017

Journalistes collabos, journalistes collabos, journalistes collabos, journalistes collabos, journalistes collabos

72

Fred pour de faux 12/05/2017

On peut commenter vos articles ? on doit mettre des trucs sérieux pour contrebalancer ? Genre « les nouveaux trolleurs de l’impassible » ? (les Américains ayant désigné un vrai trolleur comme président, tout est désormais possibbb)

75

MimiAuch 12/05/2017

Cinquante piges, ça vous laisse des cheveux blancs…
Tiens, on a élu un président qui n’en a pas, des cheveux blancs (il n’a connu que des votes blancs pour le moment).
Mais un Valls par-ci, un Estrosi par-là et un Bayrou au mihiyeu, il pourrait vite s’en faire, à moins qu’il adopte le style Hollande, dont le coiffeur faisait des miracles handicapillaires pour un sal’hair défrisant.

71

Chabian 11/05/2017

C’est pourtant facile, en lisant le Gorafi tous les jours de campagne, on se désadicte, on pense à sa femme et à sa fille, on pond plus vite un article à la con.

85

JPH 11/05/2017

Pas facile de revenir chez soi après avoir vécu l’horreur.
Cette campagne a été à la politique ce que Verdun a été à la guerre.
Les journalistes ont tout subi : la pestilence de l’haleine de François Fillon quand il laissait sourdre la haine féroce du rentier contre le travailleur, mais aussi quand se dévoilait sa personnalité répugnante ; le summum de l’horreur au sein des meetings du FN chez Marine Le Pen, là où chaque mot s’extirpe de son créateur comme une flatulence délétère ; la vacuité d’Emmanuel Macron avec en marche et sa volonté d’exploiter toujours plus et mieux le petit peuple laborieux, celui qui créée la richesse avec son cerveau et sa sueur ; le comique triste des candidats alternatifs et vains : Jean Lassalle, François Asselineau, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont Aignan ; la générosité et la probité de Nathalie Arthaud ou Philippe Poutou, la surprise qu’a constitué la candidature de Benoît Hamon sorti du PS comme une fleur pousse sur des corps putrides en décomposition ; et enfin la rationalité, l’intelligence, la générosité, l’élégance des insoumis représentés par Jean-Luc Melenchon.
Personne ne revient indemne après avoir subi de telles épreuves.
Nous pouvons quand même formuler un message d’espoir : un jour la mort viendra et fera disparaître toutes ces souffrances. Il ne faut jamais désespérer !

80

jéglisséchef 11/05/2017

Si je comprends l’article, être femme de journaliste suppose un tirage limité.

    76

    Emile Franc 11/05/2017

    Faut dire que le recto/verso en quadri est assez peu répandu.

    69

    JPH 11/05/2017

    C’est un job où il faut gratter !

      81

      piano 11/05/2017

      mais on a l’assurance d’être à la page et pouvoir tirer la couverture à soi.
      Seul inconvénient le manteau de fourrure en peau de chien écrasé, avec une trace de pneu au milieu

    73

    Chabian 11/05/2017

    Etre la femme d’un nègre, c’est pas fort considéré. Vaut encore mieux le stagiaire de la rubrique des chiens écrasés. C’est le même article depuis l’invention du journal.

114

Manu 11/05/2017

Le curcuma m’a littéralement changé la vie ! Un hasard ? Non, je ne le crois pas.

79

Madame Olivier 11/05/2017

J’aime pas la campagne, c’est plein de bêtes !

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