Dire « Je te l’avais bien dit » à quelqu’un qui s’est trompé sera désormais un délit

90 Publié le 15/10/2014 par La Rédaction

On attendait depuis longtemps cette mesure. Promise depuis le septennat de Valéry Giscard d’Estaing, il a fallu attendre le gouvernement Hollande pour que cette loi soit définitivement adoptée. C’est hier soir vers 21h que le projet de loi a été ratifié, mais il s’en est pourtant fallu de peu pour que le projet soit une fois encore repoussé à coups d’amendements et de réclamations diverses.

 

Selon de très nombreuses études parues ces trente dernières années, il serait très néfaste pour le psychisme et la construction de l’esprit de recevoir une phrase de type « Je te l’avais bien dit », ou encore « Je t’avais prévenu… » après un échec, qu’il soit professionnel ou personnel. Pour Manuel Valls, cette loi est « nécessaire et évidente, tant la douleur est grande pour celui qui a échoué ». La loi prévoit une amende pouvant aller jusqu’à 12 000 euros dans les cas les plus graves (récidive ou en bande organisée, par exemple).

En effet, les études sont assez claires sur ce fait : une personne qui s’est trompée a déjà beaucoup de regrets, mais si son entourage proche lui rappelle qu’il l’avait prévenue, cela multiplie par 5,9 les possibilités de dépression post-échec. « Il fallait légiférer, et le gouvernement a eu le courage de le faire jusqu’au bout », ajoute un Manuel Valls souriant et confiant.

Un accueil partagé

Les Français sont partagés vis-à-vis de cette nouvelle mesure qui vient bousculer les habitudes. Francis a 59 ans, il est vendeur de saucisses à Saint-Maur-Des-Fossés (94) et cette mesure est très importante pour lui : « J’en avais vraiment marre d’entendre ma femme dire « Je te l’avais dit » quand je me trompais sur telle ou telle chose. C’est la championne pour ça. Maintenant, la prochaine fois, je pourrai porter plainte contre elle. Je lui demanderai beaucoup d’argent ».

Dounia, quant à elle, a 25 ans, elle est étudiante en surpoids à l’Université de Nanterre et elle est très déçue : « C’était mon seul réconfort dans la vie… Je passe mes journées devant la télé à manger du nutella et j’aimais bien conseiller mes copines sur leurs histoires de cœur, en leur disant « Ah bah je te l’avais dit ! » quand elles se faisaient avoir par des vicieux… Aujourd’hui, j’ai envie de pleurer ».

Qu’elle ait ses partisans ou ses détracteurs, cette loi part pourtant d’un objectif simple : rendre la vie des Français plus agréable. Espérons qu’elle fasse bientôt partie intégrante du « savoir vivre, à la Française »…

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