Ahmadinejad repasse sa chemise en pensant à l’époque où il faisait peur au monde entier

141 Publié le 11/03/2016 par La Rédaction

C’est une image qui ferait presque monter les larmes aux yeux. Deux ans et demi après la fin de son mandat de président de la République, l’homme politique iranien est rongé par la nostalgie.

 

Chemise blanche encore fumante, petit brushing et regard perdu dans le vague, Mahmoud Ahmadinejad se souvient de ce qu’il appelle ses « huit glorieuses ». Huit années, entre 2005 et 2013, durant lesquelles il était le Mal incarné pour beaucoup de pays occidentaux. « La terreur que j’inspirais à l’époque me manque terriblement. Aujourd’hui, je passe mon temps à prendre des cafés avec mes amis en disant du mal de George W. Bush. C’est nettement moins excitant.

»

L’ombre de lui-même

Dans l’entourage de l’ex-président, on s’inquiète même pour l’état de son moral. Azam, sa femme, dit à quel point il est devenu l’ombre de lui-même après avoir passé le pouvoir à Hassan Rohani : « Toute la journée, il se promène dans la maison en slip-débardeur. Ça n’a jamais été un expert en hygiène corporelle mais ces derniers temps, il ne se lave même plus. Je ne reconnais plus le leader antisémite que j’ai épousé. »

Maurice Floquet est psychologue. Pour lui, Mahmoud Ahmadinejad souffre d’un « Post-Badass Blues », souvent diagnostiqué chez les anciens dirigeants qui avaient pour habitude d’inspirer la peur : « On a ici un homme qui est passé du statut de grand méchant loup à celui de simple citoyen sans aucune importance, et ça du jour au lendemain. C’est toute son identité d’enculé qu’il avait construite jusque là qui s’est retrouvée balayée de façon brutale. » commente le docteur Floquet.

Pratiquer la peur à moindre échelle

Pour remonter la pente, Maurice Floquet recommande de retrouver un semblant d’habitude : « Il faut que les personnes concernées par ce phénomène se remettent à faire peur à tout ce qui peut se trouver à côté. Par exemple, un animal comme un chat qu’on peut menacer d’un coup de bâton ou un enfant à qui on promet une guerre nucléaire sans merci. »

Une démarche que la compagne de M. Ahmadinejad essaie de mettre en place avec son mari : « Chaque matin, j’essaie de l’emmener dans les sous-sols de l’ambassade des États-Unis de Téhéran pour qu’il s’en prenne à 2-3 espions américains. Ça ne va certainement pas le guérir mais si ça permet de le soulager, c’est déjà ça. »

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