« Pokémon Go est un jeu profondément stupide, puéril et il infantilise les adultes » par Jean-François Buissière

90 Publié le 25/07/2016 par La Rédaction

Depuis quelques jours en France, on trouve en libre service sur internet un jeu ultra populaire qui s’appelle Pokémon Go. Le principe, somme toute limité, consiste à capturer de petits animaux virtuels pour les faire évoluer et éventuellement les faire combattre entre eux. J’avoue me poser la question, n’est-on pas face au jeu le plus stupide l’année ?

 

Pourquoi ?

Déjà en premier lieu, il convient d’examiner les noms ridicules des dites « créatures » aux couleurs étranges et avec de vagues tentatives anthropomorphiques ratées – un enfant de cinq ans aurait fait sans doute mieux. Ensuite le principe de la capture, de l’élevage cloisonné de ces malheureux animaux qui sont désormais privés de liberté, soumis à un « dresseur » et dont le seul but sera de combattre à mort dans l’arène.

Ce dernier cas est intéressant, il manque la classe et l’honneur de l’animal comme on peut souvent le voir dans ce superbe sport noble qu’est la corrida. Ici en guise d’affrontement, il n’y a que le simple frottement de l’index sur un écran froid. Pas de costume de lumière, pas de noblesse de l’animal, pas de sang qui ruisselle sur le sable doré, de fusion passionnelle entre l’animal et le torero, non, rien. Tout cela est profondément froid et sans intérêt.

Ensuite nous sommes face à un jeu vieux près de près de vingt ans. Voilà encore le symbole de toute cette génération incapable de grandir et qui s’accroche dès lors autant que possible à ses vieux symboles d’antan comme une madeleine de Proust moisie. Il s’agirait de grandir et de jouer avec les jeux de votre époque !

Mais pire que tout, j’ai vu des adultes d’un certain âge jouer à ce jeu comme s’ils en étaient réellement passionnés, pour ne pas dire possédés. Horrible vision de ces jeunes gens dans la fleur de l’âge qui au lieu de prendre en main leur responsabilité pour relever notre pays se contentent désormais de capturer des « magicarpes » et errent dans les parcs publics comme des hordes de zombies connectés.

Combien de temps resterons-nous inertes face à cette génération sacrifiée ?

Mais comme toutes les modes, ce jeu sera déjà dépassé d’ici quelques semaines. Celles et ceux qui auront décroché jetteront alors un regard empli de honte et de culpabilité sur leurs chasses passées et tentatives de dressage, tout en réinstallant Candy Crush.

 

Jean-François Buissière
Jean-François Buissière est président du Directoire du Gorafi News Network

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