Balle aux prisonniers : Il réapprend à vivre doucement après son passage en prison

22 Publié le 15/01/2018 par La Rédaction
Crédits :Marilyn Nieves

Kevin, 10 ans, fait partie de ces enfants qui ont déjà fait un tour par la case prison après avoir été touchés à la balle aux prisonniers. Un passage de dix bonnes minutes dans la zone excentrée, isolé de tous, avec lequel il devra composer pour le reste de son existence.

10h, lundi 15 janvier, la récréation vient juste de commencer et Kevin se dirige machinalement vers son coin pour jouer au foot. Mais ce jour là, rien ne se passe comme prévu. En effet, Steve, un nouveau petit caïd du fond de la classe, propose à Kevin de rejoindre un groupe de « grands » qui joue à la balle aux prisonniers. Tous ses amis tentent de le mettre en garde,  » Kevin, tu sais que si tu te fais toucher, c’est la prison direct « . Mais Kévin est décidé. A partir de ce moment, tout va très vite : à peine arrivé dans la zone avec les autres membres de son équipe, Kevin est touché par la balle au niveau du bras. Le cauchemar commence pour le jeune homme.

Il entre donc en prison, enfermé derrière deux pulls qui délimitent sa zone de celle des adversaires.. Très rapidement, il est pris en charge par Mathieu, un ancien qui est là depuis une minute et qui connaît tous les tuyaux. “ Tu peux te poser là, regarde personne dans les yeux, avec un peu de chance, la balle va t’arriver dessus et tu pourras peut être toucher un membre de l’équipe adverse. Mais n’espère pas trop. J’en ai vu que ça rendait fous.” confie t-il tout en machouillant un bâton de sucette. Pour Kevin, les premiers moments sont durs, Il se réfugie dans le rap “ La balle m’a touché frère, ici c’est la misère, je compte les secondes dans ce putain de calvaire, Inch’Allah un jour je sors si je touche un adversaire…” écrit le jeune homme sur un bout de papier qui traîne dans sa poche.

Dix longues minutes, et Kevin sort de prison après avoir touché un grand à la cuisse. Ses amis l’attendent à la sortie. Mais personne ne le reconnaît, son visage est sombre. A la cantine, même les frites, pourtant très attendues d’habitude, n’ont plus le même goût. Il fait des pompes à la fin de la pause déjeuner, vieille habitude qu’il a prise en prison. Seul point positif de cette expérience : sa cote de popularité auprès des filles a doublé depuis son séjour derrière les deux pulls. Il tente encore aujourd’hui de se réacclimater mais il faudra du temps pour oublier. Ces cinq minutes à voir les autres s’amuser sans lui ont laissé une trace indélébile dans son coeur.

Publicité
Publicité