Bac Philo : le corrigé de Jean-Luc Reichmann

38 Publié le 19/06/2018 par La Rédaction
Crédits :Pixavril

Jean-Luc Reichmann a accepté pour le Gorafi de corriger les sujets du bac de philo.

 

Le désir est il la marque de notre imperfection ?
Jean-Luc Reichmann : Le désir est ce qui nous caractérise fondamentalement, en tant qu’être vivant mais aussi en tant qu’animal évolué. Ainsi, si nous considérons que l’animal qui est en nous est la marque de notre imperfection, que notre humanité, notre évolution, notre capacité à se soustraire à nos désirs primaires, est notre meilleur part alors oui, c’est notre faiblesse. Mais on ne peut pas vivre sans désir, il est aussi notre moteur principal, d’ailleurs Hubert Aquin a bien dit « Et tout désir même celui de parler est un désir de vivre » . Donc le désir n’est pas une imperfection mais bien l’essence même de la vie. Pour plus de précision sur ce sujet, regardez l’émission 259 “D’Attention à la marche ! ”, avec Jeannine et Jean Pierre.

Éprouver l’injustice est il nécessaire pour savoir ce qui est juste ?
Jean-Luc Reichmann: la première chose est de redéfinir ce qui est juste et ce qui ne l’est pas. Le principe d’injustice n’est, par exemple, pas présent dans toutes les cultures. Dans certaines civilisations asiatiques et de confession bouddhiste, le principe d’injustice n’existe pas, nos obstacles et notre malheur sont le résultat de notre karma, c’est-à-dire de nos actions antérieures dans cette vie ou dans une autre. L’homme est donc véritablement maître de son destin si l’on considère que la vie est un cycle infini et vertueux. L’injustice est donc en soi un décalage entre la perception et la réalité. Nous éprouvons un sentiment d’injustice mais bien souvent ce sont nos attentes qui étaient en décalage avec la réalité. Il n’est donc pas nécessaire de connaître l’injustice pour savoir ce qui est juste si l’on accepte que ce qui est injuste en soi, est juste.J’en veux pour preuve la défaite de Denis contre Nadège lors “D’Attention à la marche !” . J’invite les élèves à regarder l’émission entièrement.

Toute vérité est elle définitive ?
Jean-Luc Reichmann : Tout n’est que mouvement, la vie est un mouvement perpétuel. Même d’un point de vue scientifique, les choses qui nous paraissent immuables ne le sont pas, en une fraction de seconde, la composition chimique de notre corps a évolué. Et bien sûr dans cette approche, j’en reviens à cette citation de Socrate mondialement connue « je sais c’est que je ne sais rien » mais comme dans toute chose, dans la vérité, il y a une part de vrai si j’ose dire (il rigole tout en rallumant sa pipe). En effet, la seule chose qui peut ancrer une vérité comme vérité absolue, c’est l’esprit humain et les dogmes. On peut le voir dans les mathématiques mais dès que celles-ci sont remises dans un contexte plus large, là encore on voit que certaines vérités peuvent sauter. En prenant le principe que l’infini est infini et que donc tout peut arriver, deux droites parallèles projetées à l’infini pourraient, par exemple, se rejoindre un jour. Mais pour plus d’explications, j’invite les élèves à se référer à l’émission 54 d’ “Attention à la marche !” au moment du face à face entre Kamel et Sylvie.

La culture nous rend-elle plus humain ?
Jean-Luc Reichmann: Là je pense que premièrement le sujet est mal posé et « confusant » si j’ose dire, mais ce n’est que mon avis et je ne veux pas remettre en question le travail de mes confrères. Si l’on parle de l’humain au sens propre, la culture il est vrai, a été l’apanage de la race humaine. On le voit déjà dans les peintures rupestres, dans la rupture qu’il y a eu 70 000 ans avant Jésus Christ entre l’homme de Neandertal et l’Homo Sapiens qui s’est élevé au rang d’homme comme nous l’entendons aujourd’hui dans sa capacité à innover, à converser, à dépeindre , à raconter et donc à transmettre et à évoluer. Mais si la question est de savoir si elle nous rend plus humain dans le sens figuré, c’est un autre sujet qui est d’ailleurs très bien traité dans l’émission 254 “D’Attention à la marche !” notamment dans la troisième manche.

Publicité
Publicité