Le dernier utilisateur d’ICQ regrette de ne plus avoir personne à qui parler

24 Publié le 29/11/2012 par La Rédaction

BEAUVAIS – Il est sans doute le dernier représentant de son espèce et la solitude lui pèse. Un habitant de Beauvais est l’un des tous derniers voire le dernier utilisateur d’ICQ, logiciel de communication sur Internet. Très en vogue à une époque, en douze ans, le réseau a perdu la totalité de ses abonnés, mais cet utilisateur n’a pas perdu espoir de reprendre contact.

BEAUVAIS – Il est sans doute le dernier représentant de son espèce et la solitude lui pèse. Un habitant de Beauvais est l’un des tous derniers voire le dernier utilisateur d’ICQ, logiciel de communication sur Internet. Très en vogue à une époque, en douze ans, le réseau a perdu la totalité de ses abonnés, mais cet utilisateur n’a pas perdu espoir de reprendre contact.

Un réseau abandonné

Il y a dix ans, ils étaient des millions de connectés. Aujourd’hui, plus personne ne l’utilise. Nous avons rencontré l’une des dernières personnes en France à l’utiliser de manière régulière. François a 39 ans. Il est inscrit sur ICQ (acronyme de I Seek You) depuis le début. Mais aujourd’hui, face à un réseau déserté, le cœur n’y est plus. « Tous les amis étaient inscrits dessus, nous discutions ensemble jusqu’à tard dans la nuit. Puis les temps ont changé. » Si les amis de François sont partis sur d’autres réseaux, lui a tenu à rester fidèle à son logiciel. « J’ai beaucoup de souvenirs très agréables avec ce logiciel, je parlerais même de tendresse ; je n’arrivais pas à le quitter, à le désinstaller », raconte-t-il.

Au fil des années, le réseau s’est vidé de ses utilisateurs, laissant François dans la solitude. « C’est comme une chambre vide, où l’on n’entendrait que le son de sa voix. Parfois, j’ouvre le logiciel, en espérant que quelqu’un quelque part répondra. » Mais le petit son si caractéristique ne se fait plus entendre, plus depuis 2008, date de sa dernière conversation. François reste seul, résigné mais pas abattu.

« Je garde espoir que les gens reviennent. C’était si convivial. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, on ne contrôle plus rien de notre vie privée. Les gens vont se lasser et revenir. » Dans l’immédiat, François passe de longues journées devant son ordinateur, espérant être recontacté sur son ICQ. « Je le laisse ouvert, tout le temps, comme une sorte de veille. Peut-être qu’un jour, on va me répondre, m’appeler, alors il faut que je sois là, je suis prêt. » Combien sont-ils dans le cas de François, à attendre sur ces réseaux sociaux désertés ?

Le Gorafi

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