Anachronismes et erreurs historiques : les historiens en colère contre « Astérix »

50 Publié le 17/10/2012 par La Rédaction

La sortie du nouveau film « Astérix et Obélix au service de sa Majesté » ne fait pas que des heureux. Les historiens sont montés au créneau pour protester contre un film qu’ils jugent bourré d’erreurs, de falsifications historiques et d’anachronismes divers. Analyse.

La sortie du nouveau film « Astérix et Obélix au service de sa Majesté » ne fait pas que des heureux. Les historiens sont montés au créneau pour protester contre un film qu’ils jugent bourré d’erreurs, de falsifications historiques et d’anachronismes divers. Analyse.

Une vision fausse de l’Antiquité

C’est quelque chose que le réalisateur Laurent Tirard et les éditions Albert René n’avaient sans doute pas vu venir. La levée de boucliers de certains historiens face au nouvel opus d’Astérix et qui pourrait bien se transformer en bras de fer si la situation persiste. En cause, les très nombreuses erreurs et anachronismes dont le film est truffé, une vision fausse et erronée de l’Antiquité, selon le responsable de l’association qui a décidé de porter l’affaire au tribunal. « On donne une vision totalement fausse de l’Antiquité. Ces films s’adressent à un public jeune, il faudrait faire quelques efforts dans la reconstitution et le scénario pour un minimum de crédibilité » . Selon lui, l’image d’un village qui résiste face à l’occupant romain est erronée, tout comme la représentation de la Grande-Bretagne dans le film.

« Nous sommes sortis du film en colère, si on veut faire un film sur une période historique, il faut de la  méthode et de la rigueur scientifique » tempête un historien. Outre ces erreurs, l’association a constaté un grand nombre d’anachronismes qu’elle juge scandaleux. « On se demande qui a pu écrire cela. Montrer Catherine Deneuve en Reine d’Angleterre de l’époque est grotesque, ça n’a aucune base historique…. » . Il note aussi l’accent des personnages anglais, qui parlent français avec un accent anglais, au lieu de dialectes locaux ou du latin.

Le réalisateur Laurent Tirard a tenté de désamorcer la polémique naissante. « Il s’agit d’une adaptation de la célèbre bande dessinée, nous n’avons fait que reprendre ce qui faisait déjà son succès, une base historique avec des clins d’œils à notre époque » . Une réponse qui ne satisfait en rien les associations qui souhaitent qu’un bandeau explicatif soit diffusé en préambule du film, expliquant qu’il s’agit d’une œuvre de fiction et sans fondement historique. Réponse la semaine prochaine.

Le Gorafi

 

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