Ils ont vécu le premier changement d’heure de l’Histoire, ils racontent

24 Publié le 27/10/2012 par La Rédaction

1973. Le premier choc pétrolier. La France doit prendre des mesures d’urgence. Parmi celles-ci, le changement d’heure. Il faudra trois ans pour mettre en place la mesure, la tester au niveau local (La Creuse et le Pas de Calais sont les premiers départements tests en 1974/1975). Le 26 septembre 1976, la France découvre l’heure d’hiver. Témoignages.

Julien se souvient parfaitement de cette nuit de septembre 1976. « Il était près de 21h. A la télé, ils ont annoncé que cela devait avoir lieu cette nuit. Avec un cousin on est sorti et on a regardé. C’était impressionnant. On est resté plusieurs minutes à regarder. On n’avait jamais vu ça » . Joseph, à Strasbourg, raconte. « On était en famille quand on l’a aperçu. C’était beau, mais ça a effrayé un peu les enfants… » . Des témoignages du genre, il en existe plusieurs centaines. La France n’a jamais oublié son premier passage à l’heure d’hiver. Avec des fortunes diverses selon les régions.

Ainsi à Bordeaux, Marcel, aujourd’hui âgé de 67 ans, fait part de séquelles pour le moins étranges. « Le lendemain beaucoup se sentaient mal, fatigués, ou pas reposés du tout. Comme si on avait moins bien dormi » . Un sentiment partagé à plusieurs centaines de kilomètres de là à Toulouse. Robert, cheminot aujourd’hui à la retraite a lui aussi eu cette sensation étrange. « J’étais fatigué, ça a duré toute la journée. Le lendemain ça avait disparu. Je pense qu’ils ne nous ont pas tout dit sur ce qui s’est passé, ils ne maîtrisaient pas encore tout à fait la technique » .

A Paris, la foule est compacte sur les berges de la Seine et le Champ de Mars. La ville a déployé les grands moyens pour l’occasion. A l’heure fatidique, un superbe feu d’artifice illumine la tour Eiffel. C’est Claude François lui même qui déclenche le premier passage officiel à l’heure d’hiver. Jean-Pierre se souvient. « Il y avait beaucoup de monde, on se marchait dessus. On a été un peu déçus, on n’a pas vu de grandes différences entre avant et après, mais quelle fête!  » .

Mais dans les campagnes, très peu se soucient de cette « heure d’hiver ». « Pour nous c’était un gadget, ça amusait les gens de la ville, mais nous, nous avions d’autres soucis » raconte Justin, cultivateur en Bourgogne. « Je n’ai pas fait l’heure d’hiver de 76, ma femme non plus. Je crois que très peu dans le village l’ont faite. Mais nous avons fait celle de 77, en famille » . Et il y a ceux pour qui le changement d’heure a été un moment difficile d’adaptation. Jean-François se souvient de son grand-père qui était un peu perdu entre nouvelle et ancienne heure. « Jusqu’à sa mort, il n’a cessé de compter en ancienne heure, il n’arrivait pas à se faire à ce nouveau système. Et l’arrivée de l’Euro n’a rien arrangé à la chose » . En France ils seraient aujourd’hui plus de 70 00 à continuer à compter en « anciennes heures ».

la Rédaction

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