Bangladesh : grèves en série des ouvriers textiles qui exigent d’être payés pour leur travail

62 Publié le 24/09/2013 par La Rédaction

La plupart des usines de textiles étaient à l’arrêt ce jour au Bangladesh après une grève de la majorité du personnel et des ouvriers de la filière. Ceux-ci demandent curieusement en effet d’être désormais payés pour le travail effectué. Reportage.

La plupart des usines de textiles étaient à l’arrêt ce jour au Bangladesh après une grève de la majorité du personnel et des ouvriers de la filière. Ceux-ci demandent curieusement en effet d’être désormais payés pour le travail effectué. Reportage.

La filière textile en Asie est en train de connaître une mutation profonde. Le Bangladesh semble vivre celle-ci alors que plusieurs milliers d’usines à travers le pays sont paralysées par une grève massive des employés exigeant d’être payés pour leur travail. « C’est une situation totalement nouvelle » explique de son côté un journaliste de Dacca qui souligne que cela est sans doute lié au récent drame de l’effondrement d’une usine de confection qui a causé plusieurs centaines de morts.

De leur côté, les patrons des usines craignent de perdre plusieurs clients s’ils doivent payer leurs ouvriers. « D’après vous, pourquoi la plupart des sociétés mondiales de textiles délocalisent dans des pays comme le nôtre ? Car la main d’œuvre n’est pas chère, voir donnée » souligne le patron d’une usine qui craint de devoir mettre la clé sous la porte si les revendications des ouvriers sont satisfaites. « Il va falloir les payer non pas pour une seule heure, mais pour chaque heure » se lamente-t-il, craignant pour cela de devoir en outre embaucher une comptable qu’il lui faudra alors aussi payer pour son travail. « C’est un cercle sans fin. »

Pour de nombreux analystes, ceci pourrait profondément changer la société bangladeshie. « On craint une contagion. D’abord le textile, puis le bâtiment et ainsi de suite » souligne un économiste. « C’est une remise en cause profonde » explique un autre qui pense que d’autres changements pourraient être à prévoir comme par exemple l’aménagement d’un jour de repos par semaine et l’interdiction du travail des enfants.

La Rédaction

Photo: EdStock/iStock

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