Il promet de revenir dans les plus brefs délais et ne revient jamais

63 Publié le 25/02/2016 par La Rédaction

Pour Ulysse, c’est un 12 juillet 2013 que tout a basculé. « Je m’apprêtais à partir en vacances chez mes grands-parents, près de Bordeaux. Je devais prendre le train et je savais que je n’aurais pas le temps de refaire ma carte 12-25 à la gare, alors j’ai envoyé un mail à la hotline de la SNCF pour savoir si je pouvais la commander en ligne. Un opérateur m’a répondu que c’était possible et qu’il reviendrait vers moi dans les plus brefs délais pour finaliser l’opération. Il n’est jamais revenu. »

 

C’est le début d’une longue attente. Interminable. Douloureuse. « Je savais que cela prendrait du temps, alors je suis sorti faire quelques courses. Quand je suis rentré chez moi je n’avais toujours pas de réponse, alors j’ai regardé un film, La revanche d’une blonde, avec Reese Witherspoon. Mais à la fin du film toujours rien. » Ulysse comprend alors que quelque chose ne va pas. Inquiet, il décide de rester devant son ordinateur pour actualiser sa boîte mail en continu. En vain.

Ulysse ne va pas quitter son appartement pendant trente-trois jours, n’interrompant son inlassable labeur que pour subvenir à ses besoins les plus pressants. « Et encore… » confie-t-il dans un soupir. Ce sont finalement ses voisins, alertés par l’odeur, qui préviendront les secours. Francis Tournon, pompier volontaire et témoin du drame, décrit une scène insoutenable : « On aurait dit un possédé. Il s’était scotché le doigt sur la touche F5 du clavier et faisait un mouvement de balancier, de l’avant vers l’arrière. C’était très impressionnant. »

Le temps de la reconstruction

Les secours mettent fin à son supplice mais Ulysse va devoir réapprendre à vivre. Il faut pour cela accepter de renoncer à comprendre ce qui ne peut l’être. « Pourquoi est-ce-qu’il m’a dit ça alors qu’il savait, j’en suis sûr, il savait qu’il ne reviendrait pas. J’ai froid la nuit, j’ai du mal à faire confiance aux gens maintenant. Je suis sûr que même le « cordialement » de la fin de son mail ne voulait rien dire !»
La blessure est ouverte, elle ne se refermera plus.

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