Le Parlement européen limite le nombre d’emplois fictifs à 3 par député

44 Publié le 14/06/2017 par La Rédaction
© Photo Claude TRUONG-NGOC

Lassé des polémiques sur les assistants parlementaires fantômes et autres fantaisies budgétaires, le président du Parlement a tapé du poing sur la table hier et envoyé un message fort.

 

« La gabegie, c’est terminé ». Élu en janvier dernier seulement et malgré des origines italiennes qui le prédisposent naturellement à la corruption et aux arrangements, Antonio Tajani semble déterminé à mettre fin aux affaires qui entachent la réputation du Parlement. Conscient du peu de crédit sinon d’intérêt que les Européens accordent d’ores et déjà aux institutions européennes, M. Tajani a souhaité se montrer à la fois ferme et compréhensif.

« Je réalise que pour les députés européens, comme pour leurs partis d’origine, frauder l’UE est éminemment tentant », a-t-il reconnu sans ambages devant les 751 députés réunis en session solennelle. « L’UE dispose de bien trop d’argent, les députés ne savent pas bien ce qu’ils font là, tout le monde se fiche un peu de tout… Alors, un jour, on chipe une bouteille de mousseux à la cantine et puis très vite on recrute 23 assistants parlementaires rémunérés 7000€ chacun, dont la moitié pense que Bruxelles est un restaurant de moules-frites ».

Nadine Morano n’aura droit qu’à un seul

Sans la nommer clairement, Antonio Tajani s’est notamment ému que la France, moteur de la construction européenne, se révèle la championne incontestée en la matière, avec pas moins d’une quarantaine d’emplois fictifs soupçonnés et trois procédures judiciaires en cours actuellement. Tout en concédant que « si même un pays aussi honnête et psychorigide que le Danemark le fait, c’est bien qu’il y a un souci ».

Aussi, le Bureau du Parlement Européen (BPE), organe de direction de l’institution a annoncé hier matin que le nombre d’emplois fictifs serait désormais fixé à 3 par député, et dont seulement 2 pourront être membres de la famille ou appartenir à un lobby. Interpellé sur la pusillanimité de la mesure, M. Tajani a rapidement précisé que ce nombre serait limité à 2 pour les députés français « parce qu’ils continueront de frauder de toute façon » ainsi qu’à seulement 1 pour Nadine Morano, « parce que c’est comme ça ».

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