Abattu de sang froid par sa compagne après avoir dit qu’il allait « au coiffeur » dans la voiture « à sa mère »

256 Publié le 04/10/2013 par La Rédaction

C’est dans une petite bourgade aux alentours de Lille que l’affaire a débuté. Nadège Legrand, professeur de français dans un collège ne supporte plus les fautes de Bruno, son compagnon de vie et l’abat sur un coup de tête. Une faute d’accord décisive qui fait d’ores et déjà frémir les dyslexiques de la langue française.

Ce mercredi matin, c’est l’affolement à Quesnoy-sur-Deûle. Personne ne s’attendait à ce geste de la part de Nadège, « une fille du pays qui a toujours le mot juste pour chacun« , comme aime à le souligner la boulangère qui l’a vue grandir, de la maternelle jusqu’aux études supérieures de lettres en passant par la Terminale L. « C’est vrai qu’elle parle avec des mots intelligents qu’elle met toujours dans le bon ordre ; c’est la seule que je connaisse comme ça dans le Nord-Pas-de-Calais« . Nadège est réputée pour être une bonne enseignante, aimée de ses élèves, sévère aussi.

Cette sévérité, c’est Bruno qui en aura fait l’expérience. D’après les sources, nulle querelle n’aurait précédé l’acte fatal. Selon le médecin légiste, la victime semble avoir été surprise de l’assaut de sa compagne. Une seule phrase aurait été fatidique. Des témoins oculaires rapportent la scène telle quelle : Bruno serait sorti de leur pavillon en s’avançant vers sa voiture, Nadège lui aurait crié quelque chose du perron, certainement pour s’enquérir de ce que ce dernier allait faire, Bruno lui aurait répondu quelque chose que Nadège lui aurait fait répéter et c’est à ce moment que Nadège aurait empoigné un des nains de jardin de la cour et aurait fondu sur Bruno en fulminant. De là, un bref mouvement de surprise de la part de Bruno et une scène de carnage qui ne se serait achevée qu’une fois Bruno à terre.

Ce qu’ils se sont dit, aucun des témoins n’est en mesure de le rapporter. Une histoire de jalousie certainement qui aurait poussé au crime passionnel. Interrogée pendant sa garde à vue, c’est une Nadège sans remords qui explique : « Ça devait finir comme ça, je le savais. Depuis 7 ans, je le corrige nuit et jour, il ne fait aucun effort, là c’était de trop, je n’ai pas supporté.” Et qui nous donne la clef manquante, bien loin de l’hypothèse émise du crime passionnel : « Et à cet instant il m’a dit : « Je vais au coiffeur dans la voiture à ma mère ». Je lui ai fait répéter pour savoir si c’était de l’inattention mais cela n’en était pas. Ce n’est quand même pas compliqué d’utiliser un génitif complément du nom exprimant la possession ! « Domus Ciceronis », la maison DE Cicéron. « Carrus Matris », le char DE ma mère, je ne vais pas répéter les mêmes choses indéfiniment. Je fais déjà cela toute la journée avec mes élèves, ce n’est pas pour le faire à nouveau en rentrant à la maison.

L’aplomb et le calme de Nadège ce jour-là pour expliquer son acte laissent la police judiciaire et la population de la petite ville désarmées. Les fautes de grammaire auront rarement été autant punies par un professeur de français qu’en cette journée funeste. La Ville de Quesnoy-sur-Deûle a cependant su tirer une leçon de cet incident dramatique et est, depuis, la première ville de France consommatrice de Bescherelle.

Photo: iStock/art2media Kreativagentur

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