Paris : Les Restos du Cœur accusés de placer les « moins pauvres » au fond de la salle

21 Publié le 26/11/2013 par La Rédaction

Pour être sûr d’obtenir une table avec vue sur la Place des fêtes aux Restos du Coeur du XXe arrondissement de Paris, il est conseillé d’avoir un portefeuille plutôt vide. Selon le témoignage d’une ancienne bénévole de la célèbre association créée par Coluche, paru ce mardi dans “Le Parisien”, les membres du personnel ont pour consigne de placer les bénéficiaires les plus précaires à l’avant du restaurant, et les “riches” au fond.

Pour être sûr d’obtenir une table avec vue sur la Place des fêtes aux Restos du Coeur du XXe arrondissement de Paris, il est conseillé d’avoir un portefeuille plutôt vide. Selon le témoignage d’une ancienne bénévole de la célèbre association créée par Coluche, paru ce mardi dans “Le Parisien”, les membres du personnel ont pour consigne de placer les bénéficiaires les plus précaires à l’avant du restaurant, et les “riches” au fond. Une affaire qui vient ternir l’action de l’organisation dont la 29e campagne hivernale a été lancée hier.

Rester conforme à l’image des Restos

En cas de mauvaise disposition dans la pièce, les bénévoles, désormais diplômés en physionomie, risquent une sévère réprimande sous prétexte que « c’est contraire à l’image des Restos ». Il serait même arrivé que le président de l’association, Olivier Berthe, vienne en personne rappeler le mot d’ordre en la matière aux petites mains des Restos du Cœur. « Il arrête pas de nous rabâcher les principes de la maison. La dernière fois on avait par erreur placé un intérimaire allocataire du RSA à l’avant. Ça a été l’Apocalypse. Il nous a fait la leçon pendant au moins deux semaines. », continue la jeune femme interrogée par le quotidien.

La direction botte en touche

Selon ce témoignage, il y aurait pourtant des exceptions : exposer une personne « précaire mais pas pauvre » à l’entrée et à la vue de tous les passants qui circulent devant le centre d’aide alimentaire, n’est possible que s’il s’agit d’un « guest », d’une ancienne star déchue, souvent issue de la télé réalité. C’est seulement dans ce cas de figure particulier que « cette discrimination » n’est pas appliquée, assure Le Parisien.

Contactée par le Gorafi.fr, la direction des Restos du Coeur se refuse pour l’instant à tout commentaire. « La misère, quand elle frappe, ne fait pas de discrimination, elle. Il n’y a pas de gens plus ou moins pauvres que d’autres, simplement des gens dans le besoin et nous les servons tous », assure pour sa part le service de communication de l’association.

La Rédaction

Illustration : logo Restos du Coeur

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