Opéra : plusieurs spectateurs vexés que le chef d’orchestre leur tourne le dos

70 Publié le 27/07/2015 par La Rédaction

Mardi dernier, Opéra de Paris, la majeure partie du public sort de la représentation des 4 saisons de Vivaldi en ré mineur excédée par le comportement du chef d’orchestre, qui leur a tourné le dos pendant tout le concert.

« C’est tout bonnement scandaleux ! » nous confie un spectateur qui a préféré rester anonyme. Jacqueline, 45 ans, renchérit : « Je me suis sentie méprisée et snobée par ce chef d’orchestre qui se croit sans doute au-dessus de tout parce qu’il fait de la musique classique ». L’émotion est vive et touche même toutes les tranches d’âge, en témoigne la colère de Bastien, 16 ans : « Au moins, en boîte de nuit, les DJ nous respectent en nous ignorant de face ».

Même un amateur de musique comme Ulysse, 57 ans, n’en revient toujours pas : « La dernière fois que j’ai vu ça, c’était à un concert de Gilbert Montagné, il regardait partout sauf en face de lui, sans même prendre la peine d’enlever ses lunettes de soleil. Alors là, pour un mélomane comme moi, cet affront du chef d’orchestre, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ». Seule Agnès, 6 ans, y a vu du positif : « L’avantage c’est que contrairement à l‘école, on pouvait discuter sans se faire repérer ».

Le spécialiste de musique classique et docteur en leadership musical Stéphane Picard nous éclaire sur la position du chef d’orchestre pendant un concert : « S’il tourne le dos au public pendant un concert c’est avant tout pour ne pas être déconcentré par les spectateurs qui s’endorment, lisent un livre, ou écoutent dans les écouteurs de leur iPod le dernier One Direction. En 2003, en pleine représentation du Requiem de Mozart, un chef d’orchestre a tenté de travailler face au public, et voyant que celui-ci s’ennuyait, il a fait jouer à l’orchestre philharmonique de Moscou « Sex Bomb » de Tom Jones, pour mettre l’ambiance. Il a été viré le soir même, et anime aujourd’hui des quizz musicaux dans un camping du Calvados ».

Depuis cette représentation, les murs de l’Opéra ont été tagués par des inscriptions telles que « Chef d’orchestre SS » et « la baguette tu peux te la mettre là où on pense ». La ministre de la culture, Fleur Pellerin, a préféré ne pas intervenir, confiant ne « jamais écouter de musique, classique ou autre ».

Face à tant de virulence et d’incompréhension, le directeur de l’Opéra de Paris a promis de prendre des décisions au plus vite, comme de placer un miroir en face du chef d’orchestre pour que le public voie son visage, d’engager uniquement des chefs d’orchestre capables de tourner leur tête à 180 degrés, ou encore de placer l’intéressé sur une plate-forme tournante.

La Rédaction

Mots clés : , , ,
Publicité
Publicité